Cacao et lait : 85 millions d'euros de la BEI et FCMB pour transformer localement
La Banque européenne d'investissement et First City Monument Bank débloquent 85 millions d'euros pour financer la transformation du cacao et du lait au Nigeria, avec au moins 70 % des fonds dédiés à ces deux filières.

La Banque européenne d'investissement (BEI) et First City Monument Bank (FCMB) ont bouclé un paquet de financement de 85 millions d'euros destiné aux chaînes de valeur agricoles nigérianes. L'essentiel ira au cacao et au lait. Concrètement, au moins 70 % de l'enveloppe sera réservé à ces deux filières, le reste devant irriguer d'autres productions agricoles. L'objectif affiché : financer la production, la transformation et la structuration des filières, pas seulement l'exportation de matières premières brutes.
Le Nigeria exporte massivement des fèves de cacao mais transforme très peu sur son sol. Le beurre, la poudre et le chocolat partent souvent de l'étranger, ce qui prive le pays d'une partie de la valeur ajoutée. Même schéma pour le lait : la production locale reste faible face à une demande urbaine en hausse, et les importations pèsent lourd sur la facture alimentaire. Les prêts de la BEI et de FCMB visent précisément à casser cette logique en finançant des unités de transformation et des chaînes d'approvisionnement locales.
Pour les agriculteurs et les petites entreprises agroalimentaires, l'enjeu est l'accès au crédit. Les banques nigériannes prêtent peu au secteur agricole, jugé risqué. Un prêt de long terme adossé à une institution européenne change la donne : il permet d'investir dans des équipements, des entrepôts ou des lignes de production que les exploitants ne peuvent pas autofinancer. Le dispositif devrait aussi toucher les coopératives et les transformateurs de taille intermédiaire, souvent ignorés par les grands circuits bancaires.
Reste à voir comment l'argent atterrira sur le terrain. Les précédents programmes agricoles au Nigeria ont parfois buté sur la lenteur des décaissements et la dispersion des bénéficiaires. La réussite de ce paquet dépendra de la capacité de FCMB à identifier des projets viables et de la BEI à suivre l'exécution. Si les fonds atteignent réellement les unités de transformation, le Nigeria pourrait réduire sa dépendance aux importations de produits laitiers et exporter davantage de cacao transformé. À l'inverse, un décaissement trop lent laisserait le pays dans la même position : premier producteur, mais client de ses propres matières premières.
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