Au Nigeria, le coût du transport alimente l'inflation des prix agricoles malgré la récolte
L'Association des agriculteurs du Nigeria (AFAN) alerte : la hausse des coûts de transport empêche la baisse des prix alimentaires, même en pleine saison des récoltes, à Lagos et dans d'autres États.

La saison des récoltes aurait dû apporter un répit aux consommateurs nigérians. Pourtant, les prix des denrées de base restent élevés dans des États comme Lagos, et l'Association des agriculteurs du Nigeria (AFAN) pointe du doigt une cause précise : le coût du transport. Les producteurs récoltent, mais acheminer les marchandises vers les marchés coûte de plus en plus cher, ce qui annule l'effet bénéfique d'une offre plus abondante. Le constat n'est pas nouveau, mais il s'aggrave à mesure que le carburant et la logistique pèsent sur les charges des transporteurs.
Les routes nigérianes, souvent dégradées, rallongent les trajets et augmentent la consommation de carburant. À cela s'ajoutent les multiples prélèvements informels sur les axes routiers, que les chauffeurs répercutent sur les tarifs. Résultat : une tomate récoltée dans le nord du pays arrive à Lagos avec une facture de transport qui peut dépasser sa valeur de production. Les agriculteurs, eux, ne peuvent pas absorber ces surcoûts sans vendre à perte. Ils réclament des mesures structurelles, notamment la réhabilitation des routes rurales et un accès plus fiable au gazole à un prix stable.
Pour les ménages, l'inflation alimentaire reste un fardeau quotidien. Les prix du riz, des légumes et des tubercules ne baissent pas comme le voudrait la saisonnalité. Cette situation pèse sur le pouvoir d'achat, déjà entamé par une inflation générale élevée. Dans les échanges commerciaux avec les pays voisins, la cherté du transport intérieur renchérit aussi les produits nigérians à l'export, ce qui affecte la compétitivité. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les familles doivent envoyer davantage pour couvrir les mêmes besoins alimentaires.
L'AFAN ne demande pas de subventions mais des infrastructures. Sans routes praticables et sans maîtrise des coûts logistiques, chaque récolte risque de rester un rendez-vous manqué avec la baisse des prix. Le gouvernement fédéral a annoncé des chantiers routiers, mais les agriculteurs attendent des résultats concrets. En attendant, les marchés de Lagos continuent d'afficher des étiquettes qui ne reflètent pas l'abondance des champs.
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