Assurance : Mutual Benefits plaide pour intégrer le risque dans le développement nigérian
Olufemi Asenuga, patron de Mutual Benefits Assurance, estime que le Nigeria doit inscrire la gestion des risques et l'assurance au cœur de son agenda de développement durable, au-delà des seuls mécanismes de compensation.

Le Nigeria construit des routes, des centrales et des ports. Mais il continue de traiter l'assurance comme un service accessoire, réservé aux accidents de parcours. Olufemi Asenuga, directeur général de Mutual Benefits Assurance, veut renverser cette logique. Selon lui, le pays doit intégrer la gestion des risques dans chaque projet de développement, dès la conception. Pas après la catastrophe. Une position qu'il a défendue publiquement, en marge des discussions sur le financement des infrastructures.
Les chiffres lui donnent raison. La pénétration de l'assurance au Nigeria reste sous la barre des 1 % du PIB, selon les données du secteur. Pendant ce temps, les inondations, les incendies et les accidents industriels coûtent chaque année des milliards de nairas à l'économie. Pour Asenuga, chaque sinistre non assuré freine la croissance et creuse les déficits publics. Les entreprises qui ferment après un incendie ne paient plus d'impôts. Les agriculteurs qui perdent leurs récoltes ne remboursent plus leurs crédits. Le risque non couvert se transforme en dette publique.
Le patron de Mutual Benefits ne demande pas de nouvelles lois. Il plaide pour que les pouvoirs publics et les bailleurs intègrent l'assurance dans leurs cahiers des charges. Un pont financé sans couverture contre les inondations reste une bombe à retardement budgétaire. Une usine installée sans police contre les incendies expose toute une chaîne de sous-traitants. Dans un pays où l'État cherche à attirer les investissements étrangers, la crédibilité du cadre de gestion des risques compte autant que les exonérations fiscales.
Reste un obstacle de taille : le coût. Pour des millions de PME nigérianes, la prime d'assurance reste un luxe avant d'être une protection. Asenuga mise sur des produits simplifiés et des canaux numériques pour toucher les petits commerçants et les transporteurs. Mais sans incitations fiscales ni obligation légale pour les grands projets, l'assurance restera ce qu'elle est aujourd'hui : une ligne de dépense que l'on coupe en premier quand la trésorerie serre.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Lagos fixe au 31 décembre 2026 la date limite pour l'assurance santé obligatoire
Le gouvernement de l'État de Lagos impose à tous les résidents une assurance maladie obligatoire avant le 31 décembre 2026. Les contrôles débuteront le 1er janvier 2027, avec des sanctions pour les récalcitrants.

Lagos mise sur le privé pour doper la croissance économique
Le vice-gouverneur de Lagos, Obafemi Hamzat, affirme que l'investissement privé est indispensable pour stimuler l'activité économique et renforcer le secteur financier de l'État le plus riche du Nigeria.

Nigeria : les flux de portefeuille bondissent de 18 % à 7,09 milliards de dollars
La Banque centrale du Nigeria rapporte une hausse de 18 % des entrées de capitaux étrangers au deuxième trimestre 2026, tirée par l'engouement pour les titres de dette publique à long terme.