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Allen Onyema : aucune compagnie aérienne nigériane n'a dégagé 1 million de dollars de profit en 2025

Le patron d'Air Peace affirme qu'aucune compagnie aérienne nigériane n'a réalisé un million de dollars de bénéfice en 2025, plombée par des coûts d'exploitation élevés et des marges quasi nulles.

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Rédaction SendXOF

Publié le 11 septembre 2026

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Allen Onyema : aucune compagnie aérienne nigériane n'a dégagé 1 million de dollars de profit en 2025

Allen Onyema a lâché la phrase sans détour. Le patron d'Air Peace, la plus grande compagnie aérienne du Nigeria, affirme qu'aucun transporteur local n'a dégagé un million de dollars de bénéfice en 2025. Pas un seul. Dans un secteur qui compte une vingtaine de licences actives, la déclaration fait l'effet d'une douche froide. Elle confirme ce que les états financiers laissaient deviner depuis des mois : les avions volent, les passagers paient, mais l'argent ne reste pas.

La raison tient en un mot : les coûts. Le carburant aviation représente à lui seul près de 40 % des charges d'exploitation d'une compagnie nigériane, contre 20 à 25 % chez les transporteurs européens. Ajoutez à cela la location des appareils, payée en dollars, les redevances aéroportuaires, les assurances et les salaires. Sur un billet Lagos-Abuja vendu autour de 150 000 nairas, la marge nette dépasse rarement 5 %. Un taux de change qui bouge de 10 % efface cette marge en une semaine. Les compagnies nigérianes évoluent donc sur un fil, sans coussin de sécurité.

Le paradoxe est cruel. Le trafic aérien nigérian a progressé de 12 % en 2024, porté par une classe moyenne urbaine qui voyage plus qu'avant. Les aéroports de Lagos et d'Abuja affichent des taux d'occupation records. Mais cette croissance ne se transforme pas en profits. Air Peace, United Nigeria, Ibom Air : toutes ont augmenté leurs capacités ces trois dernières années. Résultat, la guerre des prix s'est installée sur les lignes domestiques, comprimant encore des marges déjà fines. Pour les Nigérians de la diaspora qui envoient de l'argent au pays, cette fragilité du transport local a un effet direct : les billets restent chers et les liaisons régulières vers Cotonou ou Lomé se raréfient.

Onyema ne demande pas de subventions. Il pointe du doigt un environnement fiscal et réglementaire qui pénalise les opérateurs locaux : droits de douane élevés sur les pièces détachées, TVA sur les billets, taxes multiples. Sans réforme structurelle, le secteur continuera de survivre sans capitaliser. Et sans capital, pas de renouvellement de flotte, pas de nouvelles routes, pas de baisse des prix. Le Nigeria a les passagers. Il lui manque encore les conditions pour en faire une industrie rentable.

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