Aiteo et ses créanciers trouvent un accord sur 1,9 milliard de dollars liés à l'OML 29
Aiteo Eastern E&P a conclu un règlement avec Africa Finance Corporation, Shell et onze banques commerciales dans le litige portant sur des prêts de plus de 1,9 milliard de dollars adossés au permis pétrolier OML 29.

Aiteo Eastern E&P Company Limited a mis fin à un contentieux qui l'opposait à Africa Finance Corporation (AFC), Shell Western Supply and Trading Limited et onze banques commerciales. En jeu : des prêts de plus de 1,9 milliard de dollars consentis à Aiteo et garantis par l'OML 29, un permis pétrolier situé dans le delta du Niger. L'accord, rendu public ce lundi, met un terme à des mois de procédures judiciaires qui menaçaient la production et la stabilité financière de l'opérateur nigérian.
Le différend portait sur les modalités de remboursement de ces facilités, contractées pour financer le rachat de l'OML 29 auprès de Shell en 2015. Les créanciers reprochaient à Aiteo des retards de paiement, tandis que la société invoquait des difficultés opérationnelles et des désaccords sur les volumes de production. Avec ce règlement, les parties conviennent d'un échéancier révisé et d'un partage des responsabilités, selon des sources proches du dossier. Aucun détail précis sur les montants effectivement débloqués n'a filtré, mais l'opération devrait alléger la pression sur la trésorerie d'Aiteo.
Pour les banques impliquées, cet accord évite une bataille judiciaire longue et coûteuse, qui aurait pu fragiliser la confiance des investisseurs dans le secteur pétrolier nigérian. Shell, qui avait cédé l'actif, voit ainsi s'éloigner le risque d'être traîné dans un litige en cascade. Du côté d'Aiteo, le feu vert des créanciers permet de reprendre les investissements sur l'OML 29, un gisement qui produit encore plusieurs milliers de barils par jour. La nouvelle intervient alors que le Nigeria cherche à attirer des capitaux dans un secteur énergétique en manque de financement.
Ce règlement illustre la difficulté des opérateurs locaux à porter seuls des actifs pétroliers lourds. Aiteo, comme d'autres indépendants nigérians, a misé sur l'effet de levier bancaire pour racheter des champs aux majors. Mais la volatilité des prix et les contraintes de production ont rendu le service de la dette délicat. L'accord avec AFC, Shell et les onze banques pourrait servir de modèle à d'autres dossiers similaires dans le delta du Niger, où plusieurs transactions des années 2010 restent sous tension.
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