Afrique : un fonds nigérian prône une nouvelle architecture financière pour l'agriculture
Le Fonds national de développement agricole (NADF) du Nigeria a appelé à une refonte du financement agricole en Afrique lors du Forum de Kigali. Son secrétaire exécutif, Mohammed Ibrahim, a plaidé pour des mécanismes innovants afin de mobiliser les investissements nécessaires à la transformation des systèmes alimentaires du continent.

À Kigali, au Rwanda, le ton est donné pour repenser le financement de l'agriculture africaine. Le Fonds national de développement agricole (NADF) du Nigeria a lancé un appel clair : il faut une nouvelle architecture financière pour accélérer la transformation des systèmes alimentaires du continent. Mohammed Ibrahim, secrétaire exécutif du NADF, s'est exprimé lors d'une session thématique du Forum africain sur les systèmes alimentaires (AFSF). Il a insisté sur la nécessité de dépasser les modèles actuels, souvent inadaptés aux réalités des petits exploitants.
Le constat est sévère : l'agriculture africaine reste sous-financée alors qu'elle emploie la majorité de la population active. Les banques commerciales hésitent à prêter aux agriculteurs, faute de garanties et de données fiables. Les fonds publics, eux, sont insuffisants face à l'ampleur des besoins. Pour Mohammed Ibrahim, la solution passe par une combinaison de financements publics, privés et philanthropiques, adossée à des mécanismes de partage des risques. Il a cité l'exemple du Nigeria, où le NADF cherche à structurer des partenariats avec des institutions locales et régionales.
La question des devises n'est pas loin derrière. Les producteurs qui exportent vers la CEDEAO ou au-delà doivent jongler avec des taux de change volatils, notamment entre le naira et le franc CFA. Pour la diaspora ouest-africaine, très impliquée dans les investissements agricoles, cette instabilité alourdit le coût des transferts et complique la planification. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces taux en temps réel, offrant une visibilité précieuse aux acteurs du secteur.
Au-delà du plaidoyer, le message de Kigali est un signal pour les bailleurs et les gouvernements. L'agriculture ne peut plus être traitée comme un secteur à risque par défaut. Il faut des instruments sur mesure, des garanties publiques renforcées et une vraie coordination régionale. Le NADF, créé par le Nigeria pour financer des projets agricoles à grande échelle, se positionne comme un modèle possible à dupliquer. Reste à savoir si les promesses se transformeront en flux concrets sur le terrain.
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