Nigeria décroche une prolongation de l'AGOA et doit doper ses exportations hors pétrole
Le Nigeria conserve son accès préférentiel au marché américain via l'AGOA. La Chambre de commerce nigéro-américaine presse Abuja de lever les obstacles qui freinent les exportations non pétrolières.

Le Nigeria garde sa place sous l'African Growth and Opportunity Act. La loi américaine, qui ouvre le marché des États-Unis sans droits de douane à une trentaine de pays africains, a été prolongée. Pour Abuja, c'est une bouffée d'air : le pays reste éligible à un régime qui, depuis 2000, a fait transiter des milliards de dollars de marchandises africaines vers les ports américains. Mais la prolongation ne règle rien en soi. Elle maintient une porte ouverte. Encore faut-il avoir quelque chose à y faire passer.
C'est là que le bât blesse. Le Nigeria exporte vers les États-Unis surtout du pétrole brut, dont l'AGOA ne couvre pas les besoins puisqu'il entre de toute façon sur le marché américain. Les produits non pétroliers — cacao, sésame, engrais, textile, noix de cajou — représentent une part marginale des échanges. La Chambre de commerce nigéro-américaine le dit sans détour : le pays n'exploite pas le potentiel de l'accord. Les obstacles sont connus : coûts logistiques élevés, ports congestionnés, procédures douanières lentes, normes de qualité difficiles à respecter pour les petits producteurs.
Le vrai enjeu dépasse le cadre commercial. Le Nigeria dépend du brut pour environ 90 % de ses recettes en devises. Chaque baril vendu rapporte des dollars, mais chaque baril expose aussi le pays aux humeurs du marché mondial. Diversifier les exportations, c'est réduire cette dépendance. Les États-Unis importent chaque année pour des centaines de milliards de dollars de biens que le Nigeria pourrait fournir : produits agricoles transformés, cosmétiques à base de karité, vêtements, minéraux transformés. Encore faut-il produire en volume, à des prix compétitifs, et livrer à temps.
La prolongation de l'AGOA donne au Nigeria un délai supplémentaire. Elle ne remplace ni les routes, ni l'électricité, ni une politique industrielle claire. Les pays qui ont tiré profit de l'accord — l'Afrique du Sud, le Kenya, l'Éthiopie — ont investi dans leurs chaînes de valeur avant de compter sur les préférences douanières. Le Nigeria, lui, a longtemps laissé le pétrole dicter son agenda. La fenêtre reste ouverte. Combien de temps, personne ne le sait.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

La Bourse de Lagos enchaîne une cinquième séance de hausse, +316 milliards de nairas
Le marché actions nigérian a gagné 316 milliards de nairas mardi, porté par l'optimisme autour de la cotation de la raffinerie Dangote. C'est la cinquième séance consécutive de hausse.

Nigeria : un recensement vieux de 2006 fausse toute la planification économique
Le Nigeria planifie son économie sur des chiffres de population datant de 2006. Cette lacune statistique fausse les politiques fiscales et sociales du pays le plus peuplé d'Afrique.

Dangote Refinery : les investisseurs se ruent sur les guichets de Keystone Bank
Keystone Bank, agent récepteur de l'offre publique de 4,1 milliards d'actions de Dangote Refinery, voit affluer les souscriptions. Les investisseurs se pressent sur ses canaux pour prendre position.