Afrique : une prime de risque de 74,5 milliards de dollars freine les investissements
L'Afrique paie environ 74,5 milliards de dollars de plus pour son service de la dette en raison de perceptions de risque exagérées et de notations de crédit biaisées, selon des acteurs du développement. Cette pénalité financière, révélée à Lagos, pèse sur les projets d'infrastructure.

L'Afrique paie une facture salée pour emprunter. Selon des données dévoilées lors de la conférence Invest Nigeria 2026 à Lagos, le continent débourse environ 74,5 milliards de dollars de plus par an pour le service de sa dette, comparé à ce qu'il devrait payer si les notations de crédit reflétaient la réalité économique. Les institutions de financement du développement pointent du doigt des évaluations biaisées et une perception du risque exagérée de la part des agences de notation.
Ce surcoût ne repose pas sur des fondamentaux solides. Les taux de défaut sur les prêts d'infrastructure en Afrique sont en réalité plus faibles que dans plusieurs autres régions émergentes, selon les intervenants. Pourtant, les primes de risque appliquées aux emprunts africains restent élevées, ce qui décourage les investisseurs privés et alourdit la charge financière des États et des entreprises locales.
Cette situation a des conséquences concrètes sur le coût du capital pour les projets de développement, mais aussi pour les échanges commerciaux. Les entreprises qui importent ou qui gèrent des flux financiers vers la région en subissent les effets. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les écarts de taux se répercutent sur les frais appliqués par les intermédiaires financiers.
Tant que les agences de notation ne corrigeront pas leur approche, l'Afrique continuera de payer un tribut injustifié. Les gouvernements et les banques multilatérales cherchent des alternatives, comme le développement de marchés de capitaux locaux ou des garanties régionales. Mais sans une révision des critères de notation, l'objectif d'attirer massivement les investisseurs privés restera difficile à atteindre.
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