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Afrique : transformer les découvertes de gaz en valeur économique durable

Le Mozambique et la Namibie attirent les investissements dans le gaz, mais la vraie question reste de savoir comment ces ressources peuvent créer une richesse qui dure au-delà des exportations brutes.

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Rédaction SendXOF

Publié le 26 octobre 2026

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Afrique : transformer les découvertes de gaz en valeur économique durable

Le Mozambique et la Namibie changent de statut dans le paysage énergétique africain. Longtemps cités pour leurs réserves, ils passent désormais à l'étape des projets concrets. Le Mozambique a lancé en 2022 l'exploitation du champ Coral Sul, au large de la province de Cabo Delgado, avec une capacité de 3,4 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. La Namibie, de son côté, a confirmé des découvertes majeures comme Venus et Graff, qui pourraient représenter plusieurs milliards de barils équivalent pétrole. Ces annonces nourrissent les espoirs de recettes budgétaires et d'investissements directs étrangers. Mais l'histoire économique de l'Afrique montre que la découverte d'hydrocarbures ne se traduit pas automatiquement par un développement durable.

Le piège classique, c'est de se contenter d'exporter la matière première sans construire de tissu industriel local. Les gouvernements du Mozambique et de Namibie en sont conscients. Maputo négocie des clauses de contenu local dans les contrats gaziers, tandis que Windhoek prépare un cadre pour que les entreprises namibiennes captent une part des dépenses d'exploration. L'enjeu : former des soudeurs, des techniciens, des logisticiens, plutôt que d'importer de la main-d'œuvre qualifiée. Sans cela, les milliards investis repartiront vers les actionnaires étrangers et les fournisseurs basés à Houston ou à Singapour. Les expériences du Nigeria ou de l'Angola rappellent que la production pétrolière peut coexister avec un chômage massif des jeunes.

La transformation sur place reste la voie la plus solide. Une usine d'engrais alimentée par le gaz namibien, une centrale électrique au Mozambique ou une unité de liquéfaction régionale créent des emplois et des recettes fiscales qui survivent à la volatilité des cours. Le Mozambique a déjà fait ce choix avec le projet de centrale de Temane, qui doit fournir de l'électricité à l'Afrique du Sud. La Namibie, elle, étudie la construction d'une usine de production d'hydrogène vert à partir de son potentiel solaire et éolien. Ces projets demandent des années de préparation, des garanties d'achat et une stabilité réglementaire. Mais ils transforment une rente éphémère en capacité productive.

Les institutions financières jouent un rôle clé. La Banque africaine de développement a mis en place une facilité de garantie pour couvrir les risques politiques et commerciaux des projets gaziers. Sans ces filets, les banques privées hésitent à prêter sur quinze ans. Les deux pays doivent aussi bâtir des fonds souverains crédibles, à l'image de celui du Botswana, pour lisser les recettes et éviter la malédiction des matières premières. La balle est dans le camp des gouvernements : ils peuvent signer des contrats lucratifs à court terme ou poser les fondations d'une économie diversifiée. Le gaz ne vaut que par ce qu'on en fait.

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