Le Nigeria réécrit les règles du transport gazier pour attirer les investisseurs
La NMDPRA publie un nouveau cadre réglementaire pour le transport du gaz naturel, visant à clarifier les tarifs et à sécuriser les investissements dans les infrastructures midstream et downstream.

Le Nigeria a mis sur la table une version révisée de son code de transport gazier. L'Autorité de régulation du pétrole midstream et downstream (NMDPRA) a dévoilé lundi un nouveau corpus de règles encadrant l'acheminement du gaz, de la tête de puits jusqu'aux usines et aux centrales. L'objectif affiché : rendre le secteur plus lisible pour les capitaux étrangers, alors que le pays traîne à convertir ses immenses réserves en électricité et en industrie. Le texte remplace un dispositif de 2020 que les opérateurs jugeaient flou sur les tarifs et les responsabilités en cas d'interruption.
Concrètement, le nouveau cadre fixe les modalités d'accès au réseau pour les producteurs, les transporteurs et les gros consommateurs. Il précise comment sont calculés les droits de passage et prévoit des pénalités pour les manquements. Abuja veut ainsi éviter les goulets d'étranglement qui paralysent régulièrement l'approvisionnement des centrales électriques. Le pays produit environ 8 milliards de pieds cubes de gaz par jour, mais une partie continue d'être torchée faute de débouchés commerciaux. Les industriels, eux, réclament depuis des années un prix du gaz compétitif pour faire tourner leurs usines.
Pour les investisseurs, la clarté réglementaire vaut engagement. Les projets de gazoducs, comme le Trans-Nigerian Gas Pipeline ou les extensions vers le Ghana et le Bénin, coûtent des milliards de dollars et s'étalent sur des décennies. Sans règles stables sur le transport, les banques hésitent à prêter. La NMDPRA promet désormais un guichet unique pour les autorisations et un mécanisme de résolution des litiges. Reste à voir si les acteurs internationaux suivront : le Nigeria rivalise avec le Mozambique et la Tanzanie pour capter les financements gaziers, dans un contexte où les bailleurs de fonds se montrent plus sélectifs sur les énergies fossiles.
Sur le papier, le texte comble un vide. Sur le terrain, il devra composer avec les contraintes de sécurité dans le delta du Niger et les arriérés de paiement qui plombent la confiance. Le gouvernement mise sur un effet d'annonce avant le sommet africain de l'énergie prévu en mars. Les opérateurs locaux, eux, attendent les détails d'application : sans calendrier clair, les nouvelles règles risquent de rester lettre morte. Le vrai test sera la première signature de contrat de transport sous ce régime révisé.
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