Afrique : les naufrages à répétition imposent une remise à niveau des ferries
Après les récentes catastrophes au Zimbabwe et au Nigeria, les experts appellent à moderniser les flottes et à renforcer les contrôles sur les voies navigables du continent.

Deux naufrages en quelques semaines ont ravivé la question de la sécurité des transports fluviaux en Afrique. Au Zimbabwe, un bateau de pêche surchargé a chaviré sur le lac Kariba, faisant une trentaine de morts. Au Nigeria, une embarcation transportant des passagers a sombré sur le fleuve Niger, près de la ville de Lokoja, avec un bilan provisoire de plus de cent disparus. Ces drames, loin d'être isolés, pointent un problème structurel : la vétusté des flottes et le manque de régulation.
Les causes sont connues. Surpêche, absence de gilets de sauvetage, navigation de nuit sans éclairage, moteurs défaillants : les exemples ne manquent pas. Mais derrière l'angle sécuritaire se cache un enjeu économique. Les voies navigables africaines, du lac Victoria au delta du Niger, sont des axes majeurs pour le commerce local et les déplacements de populations. Pourtant, elles restent les parents pauvres des infrastructures de transport, loin derrière la route et le rail.
Des initiatives émergent pour inverser la tendance. Le Nigeria a annoncé une inspection systématique des embarcations sur le fleuve Niger, tandis que la SADC, en Afrique australe, plaide pour une harmonisation des normes de sécurité. Des opérateurs privés investissent aussi dans des ferries modernes, équipés de GPS et de dispositifs de sauvetage. Pour les voyageurs qui dépendent de ces liaisons, souvent les plus pauvres, ces changements sont vitaux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un transport fluvial plus sûr et plus efficace réduit les intermédiaires et les pertes de temps.
Reste à savoir si ces annonces seront suivies d'effets. Les précédents ne sont guère encourageants : après chaque catastrophe, des promesses de réformes sont faites, puis retombent faute de financements. Pourtant, le coût de l'inaction se mesure en vies humaines. La modernisation des ferries africains n'est pas une option, c'est une nécessité. Elle exigera des budgets conséquents, mais aussi une volonté politique que les gouvernements peinent à afficher.
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