Infrastructures : PIDG mobilise 300 milliards de nairas pour le Nigeria
Le groupe britannique PIDG a déjà injecté 300 milliards de nairas dans les infrastructures nigérianes. Son directeur du développement durable, Saeed Ibrahim, estime que le pays peut attirer davantage de capitaux malgré les turbulences monétaires.

Le Private Infrastructure Development Group (PIDG) a mobilisé 300 milliards de nairas pour financer des projets d'infrastructure au Nigeria. L'information a été confirmée par Saeed Ibrahim, directeur du développement durable au sein de l'organisation britannique, dans un entretien publié cette semaine. Le Nigeria reste un marché prioritaire pour PIDG, malgré les difficultés économiques et les tensions persistantes sur le marché des changes. L'organisation, qui investit dans l'énergie, les transports et les infrastructures sociales, voit encore de la marge pour accroître ses engagements.
PIDG ne compte pas s'arrêter là. Saeed Ibrahim évoque des possibilités d'élargir le financement des infrastructures, de mobiliser davantage de capitaux locaux et de développer la fabrication sur place. Le Nigeria importe encore massivement des biens qu'il pourrait produire localement, ce qui pèse sur ses réserves de devises. En finançant des usines et des réseaux logistiques, PIDG espère réduire cette dépendance et créer des emplois. L'organisation travaille avec des partenaires publics et privés pour structurer des projets bancables, malgré un environnement des affaires souvent imprévisible.
Le contexte monétaire complique la tâche. Le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, date de la libéralisation du marché des changes. Cette dépréciation renchérit les importations de matériel et de technologies, mais elle rend aussi les investissements en devises plus attractifs pour les bailleurs étrangers. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et la rentabilité des projets financés depuis l'étranger. Les entreprises nigérianes, elles, cherchent des financements en nairas pour éviter le risque de change.
PIDG mise sur des instruments en monnaie locale pour limiter ce risque. L'organisation a déjà soutenu des projets dans les énergies renouvelables et les ports, et elle veut étendre son action aux zones rurales, où les besoins en électricité et en eau restent criants. Le Nigeria, avec ses 220 millions d'habitants et son déficit d'infrastructures estimé à 3 000 milliards de dollars sur dix ans, représente un terrain d'investissement immense. Mais les obstacles — inflation, insécurité, bureaucratie — freinent encore les ardeurs. PIDG parie que la taille du marché finira par compenser ces risques.
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