En Chine, un sommet africain veut transformer les commerçants en producteurs
Réunis à Guangzhou le 19 octobre, des dirigeants d'entreprises et décideurs africains ont lancé un agenda pour passer du simple achat de marchandises chinoises à la production locale, avec l'appui d'investisseurs présents en Chine.

Le Vienna International Hotel de Guangzhou a accueilli lundi 19 octobre le China-Africa Business & Investment Summit 2026. À l'origine de l'événement, Daniel Ayodele et son organisation MEEI ont réuni dirigeants d'entreprises, investisseurs et décideurs politiques autour d'un constat simple : les échanges entre la Chine et l'Afrique restent massivement dominés par l'importation de biens de consommation. Les participants ont planché sur un renversement de logique, avec l'ambition de faire émerger une génération d'entrepreneurs africains capables de produire sur place plutôt que d'acheter à l'étranger.
Le choix de Guangzhou n'a rien d'anodin. La métropole du sud chinois concentre des milliers de commerçants africains, notamment nigérians, qui y viennent s'approvisionner en textiles, électronique et pièces détachées. Beaucoup repartent avec des conteneurs, rarement avec des usines. Le sommet veut précisément casser ce schéma en connectant ces opérateurs à des investisseurs et à des partenaires industriels chinois prêts à accompagner des projets de production sur le sol africain. L'enjeu dépasse la seule Chine : il touche à la structure des économies ouest-africaines, encore très dépendantes des importations.
Les discussions ont aussi porté sur le financement et le transfert de compétences. Plusieurs intervenants ont souligné que les entrepreneurs africains présents en Chine disposent d'un réseau et d'une connaissance du marché uniques, mais manquent souvent de capitaux et d'ingénierie pour franchir le pas de la production. Le sommet ambitionne de servir de trait d'union entre ces profils et des bailleurs ou industriels intéressés par des joint-ventures. Pour les économies de la zone, l'enjeu est de taille : réduire la facture d'importation, créer des emplois et stabiliser les chaînes d'approvisionnement.
Reste à transformer l'annonce en actes. Les sommets Chine-Afrique se succèdent depuis une décennie, avec des résultats variables selon les pays et les secteurs. Cette fois, la nouveauté tient à l'implication directe des opérateurs de terrain, ces commerçants qui font le voyage chaque année et connaissent les circuits. Leur bascule vers la production, même à petite échelle, pourrait peser davantage que les grands discours. Le MEEI promet un suivi des projets présentés à Guangzhou. C'est là que se jouera la crédibilité de l'initiative.
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