Adesina propose un fonds de 10 milliards de dollars pour l'IA en Afrique
L'ancien président de la Banque africaine de développement veut mobiliser 50 milliards de dollars sur dix ans pour financer la transformation technologique du continent.

Akinwumi Adesina ne quitte pas la scène. L'ancien président de la Banque africaine de développement, aujourd'hui à la tête du Global Africa Investment Summit, a dévoilé mardi une proposition ambitieuse : un fonds de 10 milliards de dollars dédié à l'intelligence artificielle et aux technologies de pointe. L'objectif affiché est de mobiliser 50 milliards de dollars sur dix ans pour financer la transformation scientifique, technologique et industrielle de l'Afrique. Le message est clair : le continent ne veut pas rester spectateur de la révolution numérique.
Le financement de l'IA reste un défi majeur pour l'Afrique. Les infrastructures de calcul, les data centers et la formation des talents coûtent cher. Adesina mise sur un effet de levier : chaque dollar public injecté doit attirer plusieurs dollars privés. Le modèle n'est pas sans rappeler les fonds souverains ou les véhicules d'investissement qui ont fait leurs preuves ailleurs. Mais la tâche est immense. L'Afrique ne capte aujourd'hui qu'une fraction infime des investissements mondiaux dans l'IA, estimés à des centaines de milliards de dollars par an.
Pour les opérateurs économiques ouest-africains, cette initiative pourrait changer la donne. Un fonds de cette taille donnerait de la visibilité aux startups locales et aux projets d'infrastructure numérique. Les transferts d'argent, déjà très numérisés dans la zone, pourraient bénéficier d'outils d'IA plus performants pour la détection de fraude ou l'évaluation du risque. Des plateformes comme SendXOF suivent de près ces évolutions, car elles conditionnent l'accès des diasporas à des services financiers moins chers et plus rapides.
Reste à transformer l'annonce en actes. Adesina n'a pas précisé le calendrier de levée des 10 milliards de dollars, ni la gouvernance du fonds. Les États africains, les bailleurs internationaux et le secteur privé devront s'accorder sur les priorités. L'enjeu est de taille : sans infrastructures de calcul et sans compétences locales, l'Afrique risque de dépendre éternellement des solutions étrangères. La proposition d'Adesina a au moins le mérite de poser la question. Les prochains mois diront si elle se traduit par des engagements fermes.
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