Abuja veut des abattoirs modernes pour exporter la viande rouge
Le gouvernement fédéral prévoit de construire des abattoirs modernes pour mettre fin à l'abattage en plein air et positionner le Nigeria sur les marchés d'exportation de viande rouge.

Le gouvernement fédéral nigérian veut en finir avec l'abattage en plein air. Le projet, dévoilé cette semaine, prévoit la construction d'abattoirs modernes dans plusieurs États du pays. L'objectif affiché : structurer une filière viande rouge aujourd'hui largement informelle et la rendre exportable. Aujourd'hui, l'essentiel du bétail abattu au Nigeria passe par des tueries improvisées, sans chaîne du froid ni contrôle sanitaire systématique. Un manque à gagner énorme pour un pays qui importe encore une partie de sa viande transformée.
Le Nigeria compte environ 20 millions de bovins, selon les estimations du ministère de l'Agriculture. Mais la filière reste fragmentée : éleveurs nomades, marchés à bétail non régulés, transport dans des conditions précaires. Résultat, la viande nigériane ne répond pas aux normes sanitaires exigées par les acheteurs étrangers. Les nouveaux abattoirs devraient intégrer des chaînes d'abattage certifiées, des chambres froides et des laboratoires de contrôle. Le modèle s'inspire de ce qui se fait déjà au Kenya et en Afrique du Sud, deux pays qui exportent leur viande vers le Moyen-Orient et l'Asie.
Le financement du projet reste flou. Abuja parle de partenariats public-privé, sans préciser les montants ni le calendrier. Les éleveurs, eux, s'inquiètent des coûts d'accès à ces infrastructures. Si les abattoirs modernes imposent des frais trop élevés, beaucoup continueront d'abattre clandestinement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car une filière viande structurée créerait des emplois et stimulerait les envois d'argent vers les zones rurales.
Le Nigeria a déjà raté plusieurs tentatives de modernisation de son élevage. En 2019, un plan similaire avait été annoncé, puis abandonné faute de budget. Cette fois, le gouvernement mise sur la demande extérieure : la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Sénégal achètent chaque année des milliers de tonnes de viande congelée. Si Abuja tient ses promesses, les premiers abattoirs pourraient sortir de terre d'ici 2027. D'ici là, l'abattage en plein air restera la norme dans la plupart des États.
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