Abia : le gouverneur Otti cible sept secteurs pour attirer les investisseurs
Alex Otti a présenté jeudi à Lagos, devant la Chambre de commerce nigéro-britannique, sept filières prioritaires pour redynamiser l'économie d'Abia, un État du sud-est nigérian en quête de capitaux privés.

Alex Otti a profité de la tribune de la Nigerian-British Chamber of Commerce, jeudi à Lagos, pour poser cartes sur table. Sept secteurs, pas un de plus, feront l'objet d'un traitement prioritaire dans son État d'Abia : l'agriculture et l'agro-industrie, les infrastructures, l'éducation, la santé, le numérique, le tourisme et l'énergie. Le gouverneur ne s'est pas contenté d'égrener une liste. Il a expliqué pourquoi ces filières, et pas d'autres, peuvent transformer un État qui reste l'un des moins industrialisés du sud-est nigérian.
Abia traîne une réputation de bassin de main-d'œuvre qualifiée — Aba, sa capitale commerciale, est célèbre pour ses ateliers de chaussures et de textile. Mais l'État a longtemps souffert d'un déficit d'infrastructures et d'un accès limité au crédit. Otti mise sur un effet d'entraînement : attirer des capitaux dans l'agro-industrie pour créer des emplois ruraux, moderniser les routes pour désenclaver les zones de production, et brancher les PME locales sur le numérique. Il a cité l'exemple de la santé et de l'éducation, deux secteurs où la demande dépasse largement l'offre publique.
Le choix de la NBCC n'est pas anodin. La Chambre de commerce nigéro-britannique regroupe des entreprises qui cherchent des relais de croissance hors de Lagos et d'Abuja. Pour ces investisseurs, Abia offre un coût de la main-d'œuvre inférieur à celui de Lagos et une proximité avec les ports de Port Harcourt et d'Onne. Reste à voir si les promesses se traduiront en projets bancables. Otti a promis des réformes pour simplifier l'accès au foncier et réduire les délais administratifs, deux obstacles régulièrement pointés par les opérateurs.
L'enjeu dépasse Abia. Dans un Nigeria qui cherche à diversifier une économie encore très dépendante du pétrole, les États fédérés deviennent des laboratoires. Si Otti parvient à faire atterrir ne serait-ce que deux ou trois projets d'envergure dans l'agro-industrie ou le numérique, il enverra un signal fort aux autres gouverneurs. Pour l'instant, les sept secteurs ressemblent à une feuille de route. La suite dépendra de la capacité d'Abia à transformer l'écoute en contrats.
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