Abia : Alex Otti cible sept secteurs pour attirer les capitaux
Le gouverneur de l'État d'Abia a identifié sept secteurs prioritaires pour attirer les investissements, industrialiser l'économie locale et créer des emplois dans le sud-est du Nigeria.

Alex Otti a posé sa feuille de route. Le gouverneur de l'État d'Abia, dans le sud-est du Nigeria, a désigné sept secteurs prioritaires pour attirer les capitaux et transformer l'économie locale. Il l'a annoncé lors d'une rencontre avec des investisseurs, en marge d'un forum économique à Aba, la capitale commerciale de l'État. L'objectif affiché : faire passer Abia d'une économie de consommation à une économie de production. Les secteurs retenus couvrent l'agro-industrie, la manufacture légère, le numérique, l'énergie, les transports, la santé et l'éducation. Otti mise sur ces leviers pour créer des emplois et freiner l'exode des jeunes vers Lagos ou l'étranger.
Le choix de ces sept filières n'est pas anodin. Abia abrite déjà des clusters historiques : le marché d'Aba pour le textile et la chaussure, les zones industrielles d'Aba et d'Umuahia, et un vivier de PME dans la transformation agricole. Le gouverneur veut capitaliser sur ces bases existantes plutôt que de partir de zéro. Il a promis des réformes pour simplifier l'accès au foncier, réduire les délais de permis et sécuriser les investissements. Des mesures qui répondent à une critique récurrente des opérateurs : la lourdeur administrative et les tracasseries fiscales dans le sud-est.
Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs États nigérians rivalisent pour attirer les capitaux. Lagos reste la première destination, mais l'insécurité et la saturation des infrastructures poussent certains investisseurs à regarder ailleurs. Abia, comme Enugu ou Anambra, joue la carte de la proximité avec les grands marchés du sud et d'un coût de la main-d'œuvre plus bas. Pour la diaspora originaire du sud-est, ces projets peuvent aussi changer la donne sur les transferts d'argent : une économie locale qui redémarre, c'est moins de dépendance aux envois de fonds et plus d'investissements productifs.
Reste à voir si les promesses se traduiront en actes. Otti a été élu en 2023 sur un programme de rupture avec la gestion précédente. Il a déjà lancé des chantiers routiers et une réforme de la fonction publique. Mais les investisseurs attendent des signaux concrets : contrats signés, usines ouvertes, guichets uniques opérationnels. Sans résultats rapides, l'État risque de rester dans la file des destinations potentielles. Le gouverneur joue gros sur ces sept secteurs. Le prochain budget de l'État, attendu dans les mois qui viennent, dira si les moyens suivent les ambitions.
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