Nigeria : la hausse du gazole à 1 840 nairas étrangle les industriels
Dangote Petroleum Refinery a relevé son prix de gros du gazole à 1 840 nairas, aggravant les coûts énergétiques des manufacturiers nigérians déjà fragilisés par l'inflation et la dévaluation du naira.

La raffinerie Dangote a relevé son prix de gros du gazole à 1 840 nairas le litre, contre 1 650 nairas la semaine précédente. Cette décision, annoncée en fin de semaine dernière, frappe de plein fouet les manufacturiers nigérians qui dépendent du gazole pour faire tourner leurs groupes électrogènes. Car le réseau électrique national reste défaillant : les coupures sont quotidiennes, et les industriels n'ont d'autre choix que de produire leur propre électricité. À Lagos, dans la zone industrielle d'Agbara, plusieurs usines tournent déjà au ralenti. Le coût de l'énergie représente désormais entre 30 et 40 % des charges de production pour certaines PME, contre 15 à 20 % il y a deux ans.
La hausse du gazole intervient dans un contexte déjà tendu. Le naira a perdu près de 70 % de sa valeur depuis juin 2023, date de la libéralisation du marché des changes. Les pièces détachées importées coûtent plus cher, tout comme les matières premières. Et voilà que l'énergie s'y met. Pour les industriels, l'équation devient insoluble : répercuter la hausse sur les prix de vente risque de freiner la demande, déjà molle. Certains envisagent de réduire leurs effectifs. D'autres, plus rares, songent à délocaliser une partie de leur production vers le Ghana ou le Bénin, où le coût de l'électricité reste plus stable.
Le gouvernement nigérian promet des mesures d'allègement, mais les industriels attendent des actes. La Banque centrale du Nigeria (CBN) a beau avoir stabilisé le naira autour de 1 500 nairas pour un dollar ces dernières semaines, la facture énergétique reste indexée sur un marché pétrolier volatile. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : chaque hausse des prix à la consommation au Nigeria réduit le pouvoir d'achat des familles qui reçoivent des fonds du Ghana, du Sénégal ou de Côte d'Ivoire. Les opérateurs de transfert ajustent leurs taux en conséquence, et les montants envoyés fondent plus vite qu'avant.
À court terme, les manufacturiers n'ont guère de marge de manœuvre. La raffinerie Dangote, qui produit désormais du gazole localement, aurait pu stabiliser les prix. Mais elle fixe ses tarifs en fonction du marché international, et la demande asiatique reste forte. Les industriels nigérians, eux, continuent de payer le prix d'une dépendance énergétique qu'aucune réforme n'a encore résolue. La balle est dans le camp du gouvernement, qui doit arbitrer entre subventions coûteuses et compétitivité industrielle. En attendant, les usines tournent au ralenti, et les emplois sont en sursis.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires
Nigeria : la localisation des données promet 50 millions de dollars d'économies
Le gouvernement nigérian veut rapatrier les données hébergées à l'étranger pour économiser 50 millions de dollars par an. Mais les institutions financières buttent sur des obstacles techniques avant l'échéance de janvier 2027.

JP Morgan s'installe au Nigeria, séduite par les réformes de la CBN
La banque américaine JP Morgan a annoncé l'ouverture prochaine d'une filiale bancaire au Nigeria, citant les réformes du régulateur monétaire et le renforcement de la présence économique américaine dans le pays.

FirstBank et UBA intègrent Google Pay pour les paiements sans contact
Les deux banques nigériannes permettent désormais à leurs porteurs de cartes éligibles d'utiliser le portefeuille numérique de Google, une réponse à la demande croissante de transactions rapides et sécurisées.