X ferme son partage de revenus et impose un modèle basé sur l'originalité
X met fin à son programme de partage des revenus publicitaires avec les créateurs. Il le remplace par Original Content Rewards, un système qui récompense uniquement les contenus inédits. Des centaines de milliers de comptes doivent revoir leur stratégie.

X a débranché son Creator Revenue Sharing. Le programme, qui reversait une part des revenus publicitaires aux créateurs selon les impressions générées sous leurs posts, prend fin. À la place, la plateforme lance Original Content Rewards, un modèle qui ne paie plus à l'audience mais à l'originalité. Concrètement, un compte qui republie massivement des vidéos ou des textes déjà vus ailleurs ne touchera plus rien. Seuls les contenus produits par l'auteur lui-même ouvrent droit à rémunération. Le changement concerne des centaines de milliers de créateurs, des petits comptes africains aux grandes pages de divertissement qui avaient bâti leur modèle économique sur le volume.
La décision s'inscrit dans un mouvement plus large chez les plateformes sociales. Depuis deux ans, YouTube, TikTok et Meta resserrent eux aussi les règles sur le contenu republié, l'agrégation automatique et les vidéos sans valeur ajoutée. La raison est simple : les annonceurs se plaignent de payer pour des audiences gonflées par du recyclage. X, sous pression pour stabiliser ses revenus publicitaires, choisit de réduire la voilure côté paiements plutôt que de risquer la fuite des marques. Mais le calcul est risqué. Les créateurs qui perdaient déjà de l'argent avec les anciens taux pourraient tout simplement quitter la plateforme.
Pour les comptes nigérians et ouest-africains, l'impact est immédiat. Beaucoup s'étaient spécialisés dans la compilation de vidéos virales ou la reprise de contenus sportifs et musicaux, un format qui rapportait bien plus que la production originale. Ces pages doivent désormais produire leurs propres images, interviews ou analyses pour rester éligibles. Celles qui ne peuvent pas suivre ce rythme perdront leur principale source de revenus en dollars. Dans une économie où le Naira reste sous tension, cette perte de devises pour des milliers de jeunes créateurs n'est pas anodine.
Reste à voir si le nouveau modèle tiendra ses promesses. X n'a pas précisé le barème exact ni la part des revenus publicitaires allouée à ce pot commun. Sans chiffres clairs, les créateurs avancent à l'aveugle. La plateforme parie que la qualité paiera plus que le volume. C'est un pari sur le long terme, dans un secteur où les audiences se déplacent vite et où la concurrence pour l'attention ne laisse que peu de place à l'erreur.
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