Washington étend le contrôle des réseaux sociaux à de nouveaux visas dès octobre
À partir du 1er octobre 2026, les demandeurs de visas I, TN et TD devront rendre leurs comptes sociaux publics. Une mesure qui vise aussi les journalistes de médias étrangers.

La machine administrative américaine resserre encore la vis. À compter du 1er octobre 2026, les candidats aux visas I, TN et TD devront ouvrir leurs profils sur les réseaux sociaux. Ces trois catégories couvrent les journalistes de médias étrangers en poste aux États-Unis, les professionnels canadiens et mexicains venant travailler sous l'accord USMCA, ainsi que leurs familles. Jusqu'ici, ce criblage numérique était réservé à d'autres types de visas. Il s'étend désormais à des profils longtemps épargnés, y compris les correspondants de presse accrédités.
Concrètement, un journaliste basé à Paris ou à Lagos qui demande un visa I devra accepter que les agents consulaires consultent son fil Twitter, son compte Instagram ou son profil LinkedIn. Refuser de rendre ces comptes publics expose à un rejet pur et simple. La mesure s'applique aussi aux conjoints et enfants mineurs rattachés à ces visas. Pour les rédactions internationales, cela pose une question gênante : un reporter couvrant des sujets sensibles devra-t-il exposer ses sources ou ses contacts sur une plateforme ouverte ?
Le calendrier n'a rien d'anodin. Cette extension intervient après plusieurs années de durcissement des contrôles migratoires américains, où le numérique est devenu un outil de filtrage à part entière. Les consulats disposent déjà de cellules dédiées à l'analyse des traces en ligne. Ce qui change, c'est l'ampleur : des milliers de demandeurs supplémentaires chaque année, notamment dans les filières professionnelles et médiatiques. Les cabinets d'avocats spécialisés en immigration à New York et Toronto disent déjà recevoir des appels d'employeurs inquiets.
Reste à savoir si cette politique survivra aux recours. Des associations de défense de la presse dénoncent une atteinte à la vie privée et un risque d'auto-censure. Pour les journalistes étrangers, l'équation est simple : ouvrir ses comptes ou renoncer à une affectation aux États-Unis. Le message est clair, et il ne s'adresse pas qu'aux candidats eux-mêmes.
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