500 milliards de dollars : ce que coûte aux pays en développement l'écart de taux d'emprunt
Selon un rapport de la CNUCED, les pays en développement, dont le Nigeria, perdent chaque année 500 milliards de dollars à cause de taux d'intérêt plus élevés que ceux des économies avancées.
Un nouveau rapport de la CNUCED met les chiffres sur la table : les pays en développement perdent chaque année près de 500 milliards de dollars à cause des écarts de taux d'intérêt. Concrètement, si le Nigeria ou le Ghana empruntaient aux mêmes conditions que les États-Unis ou l'Allemagne, ils économiseraient cette somme colossale. L'écart est tel que le service de la dette absorbe une part croissante des recettes publiques, au détriment des investissements dans la santé, l'éducation ou les infrastructures.
Pour un pays comme le Nigeria, cela signifie des taux réels qui peuvent dépasser 10 % sur les euro-obligations, quand les pays avancés empruntent à moins de 3 %. Le coût supplémentaire se répercute sur toute l'économie : le gouvernement emprunte plus cher, les entreprises aussi, et in fine le consommateur paie. La CNUCED pointe aussi les primes de risque imposées par les agences de notation, souvent perçues comme injustifiées. Pour la diaspora ouest-africaine, cette situation alourdit le coût des transferts, car les intermédiaires financiers intègrent ces surcoûts dans leurs marges.
Le rapport insiste sur une réforme du système financier international, notamment via une réallocation des droits de tirage spéciaux du FMI. Mais en attendant, les pays comme le Nigeria doivent composer avec cette réalité. L'enjeu est de taille : réduire le fardeau de la dette libérerait des ressources pour financer la transition énergétique ou la numérisation de l'économie.
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