Un universitaire nigérian appelle à investir dans les énergies renouvelables
Le professeur Isaiah Akoteyon, doyen par intérim de la faculté des sciences de l'environnement de l'Université de Lagos, presse le gouvernement et les investisseurs privés de financer davantage les technologies renouvelables pour gagner en efficacité.

Le professeur Isaiah Akoteyon ne s'attend pas à ce que le Nigeria s'en remette au pétrole pour son développement. Doyen par intérim de la faculté des sciences de l'environnement de l'Université de Lagos, il a demandé au gouvernement fédéral et aux investisseurs privés de mettre davantage d'argent dans les technologies d'énergie renouvelable. Son argument : ces investissements réduisent les pertes et tiennent la croissance sur des rails durables. Il a lancé cet appel devant la Society of Energy Administrators of Nigeria, un cercle de professionnels du secteur qui réunit régulièrement universitaires et opérateurs.
Le contexte donne du poids à sa sortie. Le Nigeria produit environ 4 000 à 5 000 mégawatts d'électricité pour plus de 200 millions d'habitants, un niveau notoirement insuffisant. Les coupures paralysent les entreprises et poussent ménages et industriels vers des groupes électrogènes à essence ou diesel, coûteux et polluants. Résultat : le pays dépense des fortunes en carburant là où le solaire, l'éolien ou la biomasse pourraient prendre le relais. Pour Akoteyon, l'équation n'est pas seulement écologique, elle est budgétaire.
Le message s'adresse aussi aux investisseurs. Le Nigeria a libéralisé son secteur électrique depuis 2013, mais les capitaux arrivent lentement dans les renouvelables. Les projets solaires de grande envergure se heurtent aux problèmes de réseau et de financement. Pourtant, des régions entières du nord du pays disposent d'un ensoleillement parmi les meilleurs d'Afrique. Des start-up locales installent déjà des mini-réseaux solaires dans les villages non raccordés, signe que la demande existe.
Reste à transformer les discours en chantiers. Les appels des universitaires nigérians à verdir le mix énergétique se succèdent depuis des années, mais les décisions concrètes tardent. La pression monte pourtant : la facture des subventions aux carburants pèse lourd sur les finances publiques, et les bailleurs internationaux conditionnent de plus en plus leurs prêts à des engagements climatiques. Si le Nigeria veut tenir sa transition, il devra convaincre ses propres investisseurs avant les autres.
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