Uber quitte le Nigeria et l'Ouganda, un revers pour la mobilité urbaine
Uber cessera ses opérations de VTC au Nigeria et en Ouganda à partir du 2 septembre. La décision, annoncée mercredi, reflète un recentrage des priorités de l'entreprise sur le continent africain.

Uber a officialisé mercredi son retrait du Nigeria et de l'Ouganda. Les services de mise en relation avec des chauffeurs s'arrêteront le 2 septembre. La direction régionale évoque une révision des priorités d'investissement en Afrique. Concrètement, les conducteurs de Lagos, Abuja, Kampala et d'autres villes perdront une source de revenus, tandis que les passagers devront se tourner vers des alternatives locales comme Bolt ou les taxis traditionnels.
Ce départ intervient après des années de concurrence acharnée et de régulations locales contraignantes. Au Nigeria, Uber faisait face à des hausses de prix du carburant et à une dépréciation chronique du naira qui ont érodé ses marges. Les chauffeurs, qui paient une commission de 25 % sur chaque course, ont souvent manifesté contre les tarifs. Dans ce contexte, la plateforme a choisi de se concentrer sur des marchés plus rentables comme l'Afrique du Sud ou le Kenya. Pour la diaspora ouest-africaine, cette décision illustre les difficultés économiques que traversent certaines entreprises, mais elle n'affecte pas directement les transferts d'argent, qui restent un besoin vital.
L'annonce ne surprend pas les observateurs du secteur. Déjà en 2020, Uber avait cédé ses activités en Égypte à son rival Careem. Au Nigeria, le marché du VTC est dominé par Bolt, qui revendique plus de 60 % de parts. Les chauffeurs, eux, doivent rapidement s'adapter : certains envisagent de rejoindre d'autres applications, d'autres de se tourner vers la livraison de colis. La décision d'Uber souligne surtout les défis structurels du transport à la demande dans des économies où le pouvoir d'achat fluctue fortement.
Pour les usagers de Lagos, la perte d'un acteur majeur réduit l'offre et pourrait faire grimper les prix. Mais le vide laissé par Uber ouvre aussi une fenêtre aux startups locales comme Gokada ou Opay, qui misent sur les motos-taxis. À terme, le marché nigérian du VTC reste prometteur, porté par une urbanisation rapide et une population jeune. Mais il exige des modèles économiques adaptés aux réalités locales, loin des standards californiens. L'histoire d'Uber en Afrique de l'Ouest rappelle que la croissance ne suffit pas : encore faut-il savoir encaisser les chocs monétaires et réglementaires.
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