UAC of Nigeria cède des actifs pour rembourser sa dette
Le conglomérat nigérian UAC of Nigeria Plc multiplie les cessions d'actifs. Objectif : réduire un endettement devenu pesant et recentrer son capital sur ses activités les plus rentables.

UAC of Nigeria Plc vend. Ces dernières semaines, le conglomérat nigérian a annoncé plusieurs cessions d'actifs, signe d'un remaniement de portefeuille plus profond qu'il n'y paraît. La société fondée en 1879, l'une des plus anciennes du Nigeria, se sépare de participations jugées non stratégiques. Derrière ces mouvements, une réalité comptable simple : la dette. UAC veut alléger son bilan et retrouver des marges de manœuvre. Le groupe, présent dans l'agroalimentaire, les boissons et l'immobilier, a vu ses résultats se dégrader sous l'effet de l'inflation et de la dévaluation du naira. Céder des actifs, c'est encaisser du cash rapidement pour rembourser des emprunts devenus coûteux.
Le contexte monétaire nigérian n'aide pas. Depuis la libéralisation du taux de change en juin 2023, le naira a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar. Pour un conglomérat qui importe des matières premières et rembourse des dettes libellées en devises, la facture a grimpé en flèche. UAC n'est pas un cas isolé : plusieurs grandes entreprises nigérianes ont entrepris de réduire leur exposition aux emprunts en dollars. La banque centrale, de son côté, a relevé son taux directeur à 27,5 % pour contenir l'inflation, ce qui renchérit le coût du crédit local. Dans ce contexte, la cession d'actifs devient une option pragmatique pour les groupes endettés.
UAC a déjà cédé sa participation dans une filiale de boissons et envisage de se défaire d'autres actifs immobiliers. Ces opérations ne relèvent pas d'une urgence de liquidation, mais d'une stratégie de recentrage. Le groupe veut concentrer ses moyens sur les segments où il réalise des marges solides, notamment l'alimentaire de base, moins sensible aux cycles économiques. Les investisseurs, eux, scrutent chaque annonce. À la Bourse de Lagos, le titre UAC a connu des séances volatiles depuis le début de l'année, reflet des incertitudes sur la capacité du groupe à stabiliser ses finances.
Reste à savoir si cette cure d'amaigrissement portera ses fruits. Réduire la dette, c'est une chose. Relancer la croissance des activités conservées en est une autre. UAC devra prouver que son portefeuille recentré génère suffisamment de cash-flow pour financer son développement sans recourir massivement à l'emprunt. Les prochains états financiers seront déterminants. Pour l'heure, le groupe avance méthodiquement, actif après actif, dans une économie nigériane qui ne lui fait aucun cadeau.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : le capital manque encore pour financer la croissance
Malgré son potentiel, le Nigeria investit moins que nécessaire pour créer des emplois et gagner en productivité. La 32e édition du Nigerian Economic Summit s'attaque au financement de la transformation.
Spendin vise le marché africain de l'eSIM, estimé à 280 millions de dollars
La fintech sud-africaine Spendin prépare son entrée sur le marché de l'eSIM, élargissant ses ambitions au-delà des paiements vers une plateforme mêlant finance, voyage et connectivité numérique.

Le système bancaire nigérian attend 13 250 milliards de nairas en octobre
La liquidité injectée par les échéances d'OMO atteindra 13 250 milliards de nairas en octobre, en baisse de 14,82 % sur un an, selon les estimations du marché.