Trois pétroliers touchés dans le détroit d'Ormuz, selon une agence maritime britannique
Une agence maritime britannique rapporte que trois navires, dont un pétrolier brut et un méthanier, ont été frappés par des projectiles non identifiés dans le détroit d'Ormuz, zone stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures.

L'incident s'est produit dans le détroit d'Ormuz, point de passage obligé pour près d'un cinquième du pétrole mondial. Selon l'agence maritime britannique UKMTO, trois navires ont été touchés par des projectiles dont la nature reste indéterminée. Parmi eux, un pétrolier transportant du brut et un méthanier, deux types de cargaisons hautement sensibles. Aucune revendication n'a été rendue publique dans l'immédiat, et les autorités maritimes n'ont pas précisé l'ampleur des dégâts ni l'état des équipages. La zone, déjà classée à haut risque, voit sa dangerosité s'aggraver un peu plus.
Le détroit d'Ormuz relie le golfe Persique au golfe d'Oman. Chaque jour, entre 20 et 21 millions de barils de pétrole y transitent, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie. Un blocage, même partiel, ferait immédiatement grimper les cours du brut et du gaz. Les armateurs qui empruntent cette route surveillent déjà l'évolution de la situation. Les primes d'assurance pour les navires traversant la zone pourraient augmenter dans les prochains jours, renchérissant le coût du transport maritime. Pour les pays importateurs de la région, notamment en Afrique de l'Ouest, cette hausse se répercuterait sur les factures énergétiques.
Les incidents dans cette zone ne sont pas nouveaux. En 2019, plusieurs tankers avaient été sabotés au large des Émirats arabes unis, et un pétrolier britannique avait été saisi par l'Iran. Ces épisodes avaient déjà fait bondir les prix du pétrole de plusieurs dollars en quelques heures. Cette fois, le contexte est tendu par les frappes récentes entre Israël et l'Iran, qui ont accru l'incertitude sur la sécurité des routes maritimes. Les marchés pétroliers, déjà volatils, intègrent désormais un risque géopolitique permanent dans cette région.
Les opérateurs de transport maritime vont devoir arbitrer entre continuer à passer par Ormuz ou opter pour des routes alternatives, plus longues et plus coûteuses. Le cap de Bonne-Espérance, par exemple, ajoute dix à quinze jours de trajet entre le golfe et l'Europe. Ce surcoût finira par se retrouver dans les prix à la pompe et sur les factures de gaz. Pour l'instant, aucune annonce officielle n'évoque une fermeture du détroit. Mais chaque nouvel incident rapproche la région d'une crise logistique majeure, dont les effets se feront sentir bien au-delà du golfe Persique.
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