Tony Elumelu plaide pour une intégration économique ouest-africaine menée par le secteur privé
Le banquier nigérian Tony Elumelu appelle à une transformation économique de l'Afrique de l'Ouest portée par les entreprises locales, sans dépendre indéfiniment de l'aide étrangère et des capitaux extérieurs.

Tony Elumelu ne parle pas en théoricien. Le patron de United Bank for Africa et de Heirs Holdings construit depuis des années un réseau bancaire présent dans une vingtaine de pays africains. Son discours sur l'intégration ouest-africaine part d'une expérience concrète : celle d'un homme d'affaires qui a vu des capitaux circuler difficilement d'un pays à l'autre, buter sur des réglementations disparates et des monnaies qui ne se parlent pas. Pour lui, la transformation économique du continent ne peut pas attendre que les gouvernements s'accordent sur tout. Les entreprises doivent montrer la voie.
Le constat qu'il pose est simple : l'Afrique de l'Ouest reste fragmentée. Les échanges intra-régionaux plafonnent autour de 12 % du commerce total, quand l'Union européenne tourne à 60 % entre ses membres. Les barrières ne sont pas seulement douanières. Ce sont aussi des obstacles pratiques : convertir des devises, payer des fournisseurs à distance, faire circuler des marchandises sans multiplier les intermédiaires. Pour la diaspora ouest-africaine, cette réalité change la donne sur le coût des transferts et la fluidité des paiements entre le Nigeria, le Bénin ou la Côte d'Ivoire. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais l'infrastructure financière régionale reste le maillon faible.
Elumelu insiste sur un point : l'aide étrangère et les capitaux extérieurs ne suffiront jamais à financer le développement à l'échelle nécessaire. Il faut mobiliser l'épargne locale, les fonds de pension africains, les banques du continent. Son groupe a lancé des véhicules d'investissement dans l'énergie, la santé et la technologie pour prouver que c'est possible. Le message s'adresse autant aux chefs d'État qu'aux jeunes entrepreneurs : personne ne viendra faire le travail à votre place.
La question reste de savoir si les États suivront. La Zone de libre-échange continentale africaine existe sur le papier depuis 2021, mais sa mise en œuvre traîne. Les frontières terrestres entre le Nigeria et ses voisins restent parmi les plus coûteuses à franchir au monde. Tant que ces goulets d'étranglement persistent, l'intégration restera un slogan. Elumelu mise sur une pression venue du bas : des entreprises qui gagnent de l'argent en circulant, et qui finiront par imposer aux politiques l'ouverture qu'ils refusent encore.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Enugu mise sur les routes, le tourisme et la sécurité pour attirer les investisseurs
Le gouverneur Peter Mbah déploie un plan qui relie infrastructures, tourisme, éducation et sécurité pour faire d'Enugu un pôle économique du sud-est nigérian.

Pétrole : NNPC encadre ses rabais et sacrifie 4,6 milliards de nairas de recettes
La NNPC conditionne désormais la remise de 66 nairas par litre à un téléchargement de son application mobile. Une mesure qui restreint l'accès au rabais et prive la compagnie de 4,6 milliards de nairas.

Airtel Money entre en Bourse de Londres valorisé à 5,3 milliards de livres
La branche services financiers numériques d'Airtel Africa a commencé à coter sur le London Stock Exchange, avec une capitalisation d'environ 5,3 milliards de livres. L'opération valorise fortement le pari du groupe sur le mobile money africain.