Tony Elumelu : l'Afrique doit choisir l'investissement plutôt que l'aide
Le fondateur de la Tony Elumelu Foundation plaide pour un basculement des flux financiers vers le capital-investissement et le commerce intra-africain, jugeant l'aide extérieure insuffisante pour financer la croissance.

Tony Elumelu a profité d'une prise de parole vendredi pour remettre sur la table un débat qui divise les bailleurs depuis des années. Pour le fondateur de la Tony Elumelu Foundation, l'Afrique ne se développera pas avec des dons mais avec des investissements. Son constat tient en une phrase : l'accès au capital reste le principal obstacle à la transformation économique du continent. Une manière de pointer du doigt les limites d'un modèle où l'aide publique au développement pèse encore lourd dans les finances de nombreux États, sans pour autant créer les emplois nécessaires.
Le milliardaire nigérian ne parle pas en l'air. Sa fondation a déjà injecté des dizaines de millions de dollars dans des milliers de jeunes entrepreneurs à travers le continent, du Sénégal au Kenya. Il défend un mécanisme simple : financer les porteurs de projets, pas les programmes d'assistance. Cette approche trouve un écho particulier dans les économies ouest-africaines, où les PME manquent cruellement de fonds propres. Les banques locales, frileuses, préfèrent prêter à l'État qu'à une jeune pousse. Résultat : des entrepreneurs talentueux restent bloqués faute de trésorerie, alors que l'aide extérieure finance parfois des infrastructures sans lendemain.
Le plaidoyer d'Elumelu intervient dans un contexte où les flux d'aide se raréfient. Les pays européens, absorbés par leurs propres contraintes budgétaires, réduisent leurs engagements. En parallèle, le commerce intra-africain reste faible, autour de 15 % des échanges totaux du continent. Pour les opérateurs de transferts d'argent, cette évolution change la donne : moins d'aide signifie plus de dépendance aux envois de la diaspora, dont les coûts varient fortement d'un couloir à l'autre. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces taux en temps réel, offrant aux familles une visibilité sur ce que coûte vraiment un transfert vers le Nigeria ou le Sénégal.
Reste que le discours d'Elumelu ne fait pas l'unanimité. Certains économistes rappellent que l'aide d'urgence reste vitale dans les zones de conflit, au Sahel notamment. Mais sur le volet du financement de la croissance, son message semble gagner du terrain. La Banque africaine de développement a elle-même multiplié les appels à mobiliser l'épargne locale et les fonds de pension africains. L'enjeu n'est plus de savoir s'il faut de l'aide, mais comment convertir les flux existants en investissements productifs. Une nuance que le patron de la Tony Elumelu Foundation entend bien porter jusqu'aux prochains sommets économiques.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Le Nigeria débloque 600 millions de dollars pour les industries créatives et numériques
Le gouvernement fédéral nigérian mobilise plus de 600 millions de dollars pour financer les entreprises des secteurs créatif et numérique, attirer des investissements privés et accroître leur contribution à l'économie.

Dangote révèle avoir payé 40 % d'intérêts sur les prêts de l'usine d'Obajana
Aliko Dangote affirme que son groupe a emprunté auprès des banques nigérianes à des taux atteignant 40 % pour financer la cimenterie d'Obajana, dans l'État de Kogi.

Le studio nigérian FourthCanvas ouvre une antenne au Royaume-Uni
Le cabinet de design FourthCanvas, basé à Lagos, s'implante au Royaume-Uni et nomme Tunji Ogunoye à sa tête. Une première expansion internationale pour l'entreprise qui fête ses onze ans.