Tech africaine : She Code Africa réclame des politiques et des capitaux pour les femmes
L'organisation She Code Africa demande des politiques publiques fortes, des financements dédiés et un soutien en entreprise pour que les femmes dépassent le stade de l'entrée dans la tech et accèdent aux postes de direction.

She Code Africa monte au créneau. L'organisation, qui forme et accompagne des milliers de femmes sur le continent, appelle les gouvernements et les investisseurs à changer d'échelle. Son constat est simple : les femmes africaines entrent dans la tech, mais elles n'y restent pas. Elles quittent les entreprises au bout de quelques années, faute de perspectives, de mentors ou de conditions de travail adaptées. Résultat, les postes de direction restent massivement occupés par des hommes, y compris dans les start-up les plus en vue de Lagos, Nairobi ou Accra.
Le problème n'est pas l'envie. Les programmes de codage pour femmes ne désemplissent pas. Mais l'écosystème finance surtout des projets portés par des hommes. Les fonds de capital-risque dirigés vers des équipes féminines restent marginaux en Afrique, alors que les femmes représentent plus de la moitié de la population active dans le commerce et les services. She Code Africa réclame des lignes de crédit dédiées, des incitations fiscales pour les entreprises qui recrutent et promeuvent des femmes, et des politiques publiques qui imposent la parité dans les programmes tech subventionnés.
Sur le terrain, les obstacles sont concrets. Congés maternité mal pris en compte, horaires rigides, absence de crèches dans les hubs technologiques, promotions accordées à ceux qui savent se rendre visibles. Autant de freins qui poussent les développeuses vers l'entrepreneuriat indépendant ou la reconversion. Pour les bailleurs internationaux, le message est clair : financer la formation ne suffit plus. Il faut accompagner les carrières sur dix ans, pas sur six mois.
La balle est désormais dans le camp des gouvernements et des investisseurs. Les pays qui intégreront réellement les femmes dans leur économie numérique gagneront en productivité et en innovation. Ceux qui continueront à les considérer comme une simple cible de programmes sociaux passeront à côté d'une génération de talents. Le débat n'est plus de savoir si les femmes ont leur place dans la tech africaine, mais si les structures qui les entourent sont prêtes à les y garder.
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