Subventions pétrolières : six États nigérians face au casse-tête électrique
Kwara, Edo, Borno, Osun, Kebbi et Anambra héritent de fonds issus de la fin des subventions sur l'essence. Leur défi : transformer ces milliards en mégawatts sans se perdre dans les promesses.

Le Nigeria a arrêté de payer la subvention sur l'essence en juin 2023. Depuis, les recettes fédérales ont gonflé, et une partie de cet argent a été reversée aux 36 États. Cette semaine, la série SOStainabilityWeekly braque le projecteur sur six d'entre eux : Kwara, Edo, Borno, Osun, Kebbi et Anambra. Tous ont reçu des montants substantiels. Tous promettent d'investir dans l'électricité. Mais entre l'annonce d'un parc solaire et la livraison des premiers kilowatts, il y a un fossé que peu franchissent.
Le cas de Borno est éclairant. L'État a annoncé l'an dernier un projet de 50 mégawatts en solaire, avec un partenaire privé. Sur le papier, l'accord tient. Sur le terrain, les lignes de transport manquent. Le gouverneur Babagana Zulum a reconnu que sans réseau, l'électricité produite ne servira à rien. À Edo, l'ancien gouverneur Godwin Obaseki avait misé sur l'indépendance énergétique avec la centrale d'Azura. Le modèle a montré ses limites : le coût du gaz a renchéri la facture, et l'État a dû renégocier. Les autres — Kwara, Osun, Kebbi, Anambra — avancent à des rythmes différents, mais tous butent sur le même mur : l'infrastructure de distribution.
Ces fonds arrivent dans un contexte budgétaire tendu. La chute du Naira a renchéri les équipements importés — transformateurs, câbles, panneaux solaires. Un projet chiffré à 10 milliards de nairas en 2023 en coûte aujourd'hui le double. Pour les opérateurs, la fenêtre se referme. Les États qui n'ont pas bouclé leurs commandes avant la dernière dépréciation paient le prix fort. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les projets locaux dépendent souvent de financements extérieurs.
La question n'est plus de savoir si les États ont l'argent. Ils l'ont. La question est de savoir s'ils peuvent le dépenser assez vite pour rattraper une inflation qui ronge leur pouvoir d'achat. Les six États cités ont jusqu'à la fin de l'année pour prouver que la fin des subventions ne s'est pas transformée en simple transfert de rente. Ceux qui échoueront le paieront aux prochaines élections. Les autres auront gagné un argument rare : la lumière.
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