Subventions et électricité : les gouverneurs nigérians face à un défi colossal
Les 36 États du Nigeria doivent gérer la fin des subventions aux carburants, qui a libéré des fonds, mais aussi faire face à une crise énergétique persistante. Entre promesses et réalité, le fossé se creuse.

La fin des subventions aux carburants a libéré des ressources importantes pour les 36 États du Nigeria, mais l'argent ne résout pas tout. Les gouverneurs, réunis la semaine dernière, ont présenté des plans ambitieux pour utiliser ces fonds afin de résoudre la crise énergétique qui paralyse le pays. Pourtant, sur le terrain, les administrateurs locaux peinent à traduire ces intentions en actions concrètes, et les coupures de courant restent le quotidien de millions de Nigérians.
Les subventions supprimées ont permis d'économiser près de 1 000 milliards de nairas au premier semestre, selon les chiffres officiels. Mais ce pactole, s'il est mal géré, risque de fondre sans laisser de trace. Dans des États comme Lagos ou Kano, les autorités promettent des investissements massifs dans les mini-réseaux solaires et l'amélioration du réseau existant. Mais les retards s'accumulent, et les opérateurs économiques, eux, comptent leurs pertes à chaque interruption. Pour les PME, chaque heure sans électricité, c'est une partie du chiffre d'affaires qui s'évapore.
Au-delà des annonces, le vrai défi est structurel. Le Nigeria produit moins de 5 000 mégawatts pour plus de 200 millions d'habitants, un chiffre dérisoire comparé aux besoins réels. Les gouverneurs réclament plus de contrôle sur la distribution, mais la CBN et le gouvernement fédéral traînent des pieds. Pendant ce temps, les entreprises s'équipent en générateurs, alourdissant leurs coûts de production. Une situation qui, pour la diaspora ouest-africaine, rappelle l'urgence d'investir dans des solutions durables, et qui influence aussi les flux financiers vers la région.
L'argent des subventions pourrait être une aubaine, mais sans réforme profonde du secteur électrique, il ne sera qu'un pansement sur une jambe de bois. Les gouverneurs ont jusqu'à la fin de l'année pour montrer des résultats tangibles. En attendant, les Nigérians, eux, continuent de subir des délestages quotidiens, et l'économie réelle, elle, tourne au ralenti. Le pari est loin d'être gagné.
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