Subvention carburant : le Nigeria refuse de revenir en arrière
Le gouvernement nigérian a rejeté les appels à rétablir la subvention sur l'essence, avertissant qu'un retour en arrière compromettrait les réformes économiques et les progrès budgétaires. Le ministre de l'Information, Mohammed Idris, a défendu la politique actuelle.

Le gouvernement fédéral nigérian a fermement écarté l'idée d'un retour à la subvention sur l'essence. Le ministre de l'Information et de l'Orientation nationale, Mohammed Idris, a prévenu qu'une telle décision effacerait les gains économiques engrangés depuis la mise en œuvre des réformes. Il s'exprimait face aux pressions croissantes des syndicats et de certaines franges de la classe politique, qui réclament un allègement du coût du carburant pour les ménages.
Depuis la suppression de la subvention en mai 2023, le prix de l'essence a presque triplé, passant d'environ 185 nairas à plus de 600 nairas le litre dans les stations-service. Cette mesure, couplée à la libéralisation du taux de change, a permis au gouvernement de réduire son déficit budgétaire et de dégager des marges pour d'autres secteurs. Mais elle a aussi plongé des millions de Nigérians dans une précarité accrue, avec une inflation qui a dépassé 33 % en mars 2024. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la dépréciation du naira réduit le pouvoir d'achat des sommes envoyées.
Le ministre a insisté sur le fait que les réformes engagées portent leurs fruits à moyen terme, citant la hausse des recettes non pétrolières et l'intérêt renouvelé des investisseurs étrangers. Il a rappelé que le gouvernement a mis en place des filets de sécurité, comme des transferts directs aux ménages les plus pauvres, pour amortir le choc. Mais les critiques pointent du doigt une mise en œuvre chaotique et des effets limités sur le terrain. À Lagos, les files d'attente dans les stations-service se sont allongées ces dernières semaines, ravivant le spectre des pénuries.
La décision de maintenir le cap est un pari politique risqué à l'approche des élections locales. Le gouvernement semble toutefois déterminé à ne pas revenir sur une réforme structurelle, soutenue par les institutions financières internationales. L'enjeu est de taille : si le Nigeria cédait à la pression, il perdrait la crédibilité acquise auprès des bailleurs de fonds et risquerait de compromettre les équilibres macroéconomiques durement rétablis. Pour l'instant, l'exécutif joue la montre, espérant que les effets positifs des réformes se feront sentir avant la prochaine échéance électorale.
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