Accord avec JBS : les éleveurs nigérians exigent la publication du MoU
Des agriculteurs, chercheurs et organisations de la société civile ont demandé au gouvernement nigérian de rendre public le protocole d'accord signé avec le géant brésilien de la viande JBS, craignant une nouvelle crise des ressources comme celle du pétrole.
Les acteurs du secteur agricole nigérian montent au créneau. Agriculteurs, chercheurs, scientifiques et organisations de la société civile ont demandé, hier, au gouvernement fédéral de publier le mémorandum d'entente (MoU) signé avec JBS S.A., le géant brésilien de la viande. Ils dénoncent un manque de transparence qui pourrait, selon eux, exposer le Nigeria à une nouvelle crise des ressources, comparable à celle vécue dans le secteur pétrolier.
Cet accord, d'un montant de 2,5 milliards de dollars, vise à développer l'élevage dans le pays. Mais les parties prenantes craignent que les conditions cachées ne lèsent les éleveurs locaux et n'accroissent la dépendance du Nigeria aux importations. « Nous voulons savoir ce que le gouvernement a promis à JBS, quels sont les engagements réels, et comment cela va impacter les petits producteurs », a déclaré un représentant d'une ONG locale. Le précédent du pétrole, où les contrats opaques ont longtemps profité à quelques-uns, reste dans les mémoires.
Pour l'instant, le ministère de l'Agriculture n'a fait aucune déclaration officielle. Cette opacité alimente les spéculations, notamment sur les éventuelles exonérations fiscales ou les concessions foncières accordées au groupe brésilien. Dans un pays où la transparence des contrats publics est un enjeu majeur, ce silence est mal perçu. Les éleveurs, eux, attendent des garanties concrètes sur les retombées locales, en termes d'emplois et de débouchés pour leur production.
Cette affaire illustre un malaise plus large : la gestion des ressources naturelles et des accords internationaux au Nigeria. Les acteurs économiques, eux, surveillent les annonces officielles, car tout changement dans la politique agricole peut influencer les prix et les flux commerciaux dans la région. Pour l'heure, le gouvernement devra répondre aux exigences de publication, sous peine de voir la méfiance s'installer durablement.
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