Shettima : la fin des subventions attire les investissements dans le pétrole nigérian
Le vice-président nigérian affirme que la suppression des subventions sur l'essence et l'unification du taux de change dopent les investissements dans le secteur pétrolier du pays.
Le vice-président Kashim Shettima a défendu lundi les réformes économiques du gouvernement Tinubu devant un parterre d'investisseurs. Selon lui, la suppression des subventions sur l'essence et l'unification du taux de change ont envoyé un signal clair aux compagnies pétrolières internationales. Depuis l'arrivée au pouvoir de Bola Tinubu en mai 2023, le Nigeria a mis fin à des décennies de subventions qui coûtaient à l'État des milliards de dollars par an. Le pays a aussi laissé le naira flotter, une décision qui a fait chuter la monnaie mais qui, selon Abuja, rend le cadre plus prévisible pour les investisseurs étrangers.
Les chiffres donnent du crédit à cette lecture. La raffinerie Dangote, d'une capacité de 650 000 barils par jour, monte en puissance près de Lagos. Shell et TotalEnergies ont annoncé de nouveaux forages en eaux profondes ces derniers mois. Le régulateur pétrolier nigérian a signé une série de permis d'exploration que les opérateurs jugeaient bloqués depuis des années. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus stable et un secteur pétrolier qui repart influencent directement les taux de change pratiqués au quotidien.
Reste que le tableau n'est pas uniformément rose. La production nationale tourne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par le gouvernement. Le vol de pétrole et les sabotages d'oléoducs dans le delta du Niger persistent. Les communautés locales réclament leur part des retombées, et les contentieux fonciers ralentissent certains projets. Shettima promet que les recettes supplémentaires serviront à financer les infrastructures et à stabiliser le naira, mais les résultats dépendront de la capacité réelle du pays à sécuriser ses installations et à tenir ses engagements budgétaires.
La crédibilité des réformes se jouera sur la durée. Les investisseurs pétroliers raisonnent en cycles de cinq à dix ans, pas en annonces trimestrielles. Si le Nigeria parvient à enrayer le déclin de sa production et à garantir un cadre fiscal stable, les capitaux suivront. Dans le cas contraire, les promesses de Shettima resteront lettre morte, et le pays continuera de dépendre d'un brut dont les cours échappent à tout contrôle national.
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