Seplat presse Abuja d'investir dans le gaz pour exploiter 215 000 milliards de pieds cubes
Le patron de Seplat Energy, Effiong Okon, appelle le gouvernement nigérian à accélérer les investissements sur toute la chaîne du gaz, du puits au brûleur, pour transformer les 215 000 milliards de pieds cubes de réserves prouvées en puissance industrielle.

Le Nigeria dort sur une fortune gazière. Seplat Energy l'a rappelé sans détour lors du Gas Investment Forum 2026 : le pays dispose de 215 000 milliards de pieds cubes de réserves prouvées, mais reste loin du podium africain. Effiong Okon, directeur général du groupe, a martelé que sans un rythme d'investissement plus soutenu, ces volumes resteront sous terre pendant que d'autres avancent. Le constat n'est pas nouveau. Ce qui change, c'est l'impatience des opérateurs privés face à la lenteur des décisions publiques.
Le problème ne se limite pas aux puits. Il faut des pipelines, des usines de traitement, des terminaux d'exportation et des centrales capables d'absorber le gaz. Chaque maillon tire le suivant. Seplat, qui exploite déjà des actifs gaziers dans le delta du Niger, sait que les projets mettent des années à sortir de terre. Sans signaux clairs sur les tarifs, les licences et la sécurité des infrastructures, les financements restent frileux. Les banques internationales regardent de près la stabilité réglementaire avant d'engager des milliards de dollars.
Abuja a multiplié les annonces ces dernières années : décennie du gaz, incitations fiscales, projets de gazoducs vers le Maroc et l'Europe. Mais les réalisations traînent. Le Nigeria brûle encore une partie de son gaz faute de capacité de collecte, une aberration économique et environnementale. Pour les industriels, l'enjeu est simple : un gaz abondant et compétitif ferait baisser le coût de l'électricité, relancerait les usines d'engrais et attirerait les data centers. À l'inverse, l'inaction condamne le pays à importer ce qu'il possède.
Seplat ne demande pas seulement des discours. Le groupe veut des contrats, des calendriers et des garanties. Le forum de 2026 servira de test : les opérateurs jugeront sur les actes. Si le Nigeria veut devenir la plaque tournante gazière du continent, il devra convaincre les investisseurs que leurs capitaux ne seront pas bloqués par des lenteurs administratives. Le gaz est là. La volonté politique, elle, reste à prouver.
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