Sécurité au travail : les patrons africains s'organisent pour encadrer la croissance industrielle
Dirigeants de Seplat, de la BOI et d'une université ghanéenne se réunissent pour peser sur les normes de sécurité au travail, alors que les investissements s'accélèrent dans l'énergie, les mines et les infrastructures.

L'Afrique investit vite dans l'énergie, les mines, l'industrie et les infrastructures. Trop vite, parfois, pour que les règles de sécurité au travail suivent le même rythme. C'est le constat qui réunit ces prochaines semaines des dirigeants d'entreprises, des responsables publics et des universitaires autour d'un même chantier : faire de la sécurité des travailleurs un pilier de la croissance industrielle, et non un coût accessoire. La rencontre, portée par des figures du secteur privé nigérian et ghanéen, doit déboucher sur des engagements concrets plutôt que sur des déclarations d'intention.
Parmi les participants figurent le patron de Seplat, un vice-chancelier d'université ghanéenne et un cadre dirigeant de la Bank of Industry (BOI). Leur présence dit quelque chose : la sécurité au travail n'est plus l'affaire des seuls responsables HSE. Elle entre dans les conseils d'administration, au même titre que les résultats financiers. Sur les sites pétroliers du delta du Niger ou dans les mines d'or du Ghana, un accident grave coûte cher — arrêt de production, enquête, réputation. Les assureurs et les bailleurs de fonds internationaux intègrent désormais ces critères dans leurs conditions de financement.
Le sujet dépasse la seule protection des salariés. Il touche à la compétitivité. Une usine qui ferme après un incident perd des contrats ; un site minier qui traîne une mauvaise image peine à recruter des techniciens qualifiés. Les entreprises africaines qui veulent attirer des capitaux étrangers doivent prouver qu'elles maîtrisent leurs risques. La discussion portera aussi sur la formation : trop de PME industrielles n'ont ni les moyens ni les compétences pour mettre en place des protocoles de sécurité dignes de ce nom.
Reste à transformer les bonnes intentions en normes applicables. Les échanges entre patrons, universitaires et décideurs publics peuvent accoucher d'un cadre commun, mais sans obligation contraignante, chaque entreprise fera à sa mesure. L'enjeu, pour les économies de la région, est de ne pas reproduire les erreurs des premières industrialisations asiatiques, où la sécurité a longtemps été sacrifiée sur l'autel de la croissance. Le rendez-vous est pris. Les actes, eux, restent à écrire.
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