Santé au Nigeria : HealthCap Africa veut mobiliser l'épargne-pension
Face au recul des financements étrangers, HealthCap Africa propose que les fonds de pension nigérians financent directement les infrastructures de santé du pays.

Le financement de la santé au Nigeria ne peut plus dépendre des bailleurs étrangers. C'est le constat que pose HealthCap Africa, un fonds d'investissement spécialisé dans le secteur, qui a réuni des acteurs financiers à Lagos pour discuter d'une alternative : puiser dans les fonds de pension nigérians. Ces derniers gèrent aujourd'hui plus de 20 000 milliards de nairas, soit environ 13 milliards de dollars. Une manne qui dort, pendant que les hôpitaux manquent de tout.
Le contexte presse. L'aide internationale recule. L'USAID a réduit ses engagements de plusieurs centaines de millions de dollars ces dernières années, et d'autres programmes bilatéraux suivent la même pente. Les cliniques rurales, les chaînes d'approvisionnement en médicaments et les équipements diagnostiques en subissent directement les conséquences. Pour HealthCap Africa, l'épargne nationale doit prendre le relais. L'idée n'est pas nouvelle, mais elle gagne du terrain à mesure que le robinet extérieur se ferme.
Le mécanisme envisagé repose sur des obligations à impact ou des fonds d'infrastructure dédiés, adossés à des rendements stables. Les fonds de pension, frileux par nature, exigent des garanties. Or, les projets de santé ont longtemps souffert d'une réputation de risque élevé. Les promoteurs du modèle rétorquent que les besoins sont prévisibles et les revenus récurrents : consultations, assurances, ventes de médicaments. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car une partie des fonds envoyés au pays pourrait être canalisée vers des produits d'épargne santé.
Reste à convaincre les régulateurs et les gestionnaires de fonds. La PenCom, l'autorité nigériane des pensions, encadre strictement les placements autorisés. Une ouverture vers le secteur de la santé exigerait des ajustements réglementaires. HealthCap Africa mise sur un projet pilote avant la fin de l'année. Si le test convainc, le Nigeria pourrait montrer la voie à d'autres pays africains confrontés au même vide laissé par les bailleurs. Une chose est sûre : sans capitaux locaux, les hôpitaux nigérians resteront dépendants d'une aide étrangère de plus en plus incertaine.
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