Sahara réclame un financement climatique massif pour l'Afrique à l'ONU
Au forum de l'ONU sur l'investissement durable, le groupe nigérian Sahara a plaidé pour une mobilisation accrue des financements climatiques afin d'accélérer le développement et la résilience économique du continent.

Sahara a profité de la tribune onusienne pour remettre une pièce dans la machine. Lors d'une table ronde de l'Assemblée générale des Nations unies consacrée à l'investissement mondial durable, à la résilience économique et au financement climatique, le directeur général de Sahara Power Enterprise Group, Kola Adesina, a appelé à une mobilisation plus forte des capitaux en faveur de l'Afrique. Son message : sans argent frais et prévisible, les projets d'infrastructures énergétiques et de transition écologique resteront des intentions. La demande n'est pas neuve, mais elle prend un relief particulier à l'heure où les bailleurs internationaux arbitrent entre urgences sécuritaires et engagements climatiques.
L'Afrique ne capte aujourd'hui qu'une fraction des flux mondiaux de financement climatique, autour de 3 % selon les estimations onusiennes, alors qu'elle abrite près de 18 % de la population mondiale. Le continent subit de plein fouet des sécheresses, des inondations et une érosion côtière qui menacent directement les économies du golfe de Guinée et du Sahel. Pour les opérateurs privés comme Sahara, la question n'est pas seulement éthique : elle est industrielle. Financer des centrales, des réseaux et des énergies renouvelables en Afrique reste perçu comme risqué par les investisseurs institutionnels, qui exigent des garanties que les États peinent à fournir seuls.
Le groupe nigérien, actif dans l'électricité et le raffinage, plaide pour des mécanismes de partage de risque entre secteur public et privé. Kola Adesina a insisté sur la nécessité de structurer des véhicules d'investissement capables d'absorber la volatilité des monnaies locales, un point sensible pour les projets d'infrastructures libellés en devises fortes. Les entreprises africaines qui empruntent en dollars ou en euros subissent de plein fouet les fluctuations du change, et la moindre dépréciation du naira ou du cedi peut faire basculer un plan de financement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et sur la manière dont les capitaux privés peuvent soutenir des projets locaux.
La balle est désormais dans le camp des institutions multilatérales et des fonds souverains. Sans réforme des garanties et sans simplification des procédures d'accès, les appels de Sahara et d'autres groupes africains resteront lettre morte. Le continent a besoin de milliards, pas de communiqués. Les prochaines échéances climatiques, notamment la COP, diront si les promesses de financement se transforment en décaissements réels. Pour l'instant, l'écart entre les besoins et les flux reste béant, et les opérateurs privés continuent d'avancer avec les moyens du bord.
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