Rivers State : Fubara court les investisseurs à la 81e Assemblée générale de l'ONU
Le gouverneur de l'État de Rivers, Siminalayi Fubara, profite de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York pour présenter les opportunités d'investissement de son État.

Siminalayi Fubara ne s'est pas rendu à New York pour parler uniquement de diplomatie. Le gouverneur de l'État de Rivers y voit une vitrine. À la 81e Assemblée générale des Nations unies, il présente son État comme une destination d'investissement, pas comme une simple région pétrolière. Rivers, qui abrite Port Harcourt, dispose déjà d'infrastructures portuaires, d'un tissu industriel ancien et d'une main-d'œuvre formée. Mais l'État traîne aussi une réputation de volatilité politique et de conflits locaux qui freine les capitaux. Fubara veut inverser cette image.
L'argument est simple : le pétrole ne suffit plus. Rivers produit une part importante du brut nigérian, mais les recettes fiscales ne ruissellent pas assez dans l'économie locale. Le gouverneur mise sur l'agro-industrie, le gaz, la logistique et le numérique pour diversifier. À l'ONU, il rencontre des fonds d'investissement, des bailleurs et des entreprises étrangères. Sa stratégie : vendre des projets concrets, pas des slogans. Il promet des procédures simplifiées pour les permis et un cadre sécurisé pour les contrats. Reste à voir si les investisseurs suivent au-delà des poignées de main.
Le contexte politique pèse lourd. Depuis son bras de fer avec l'ancien gouverneur Nyesom Wike, Fubara gouverne dans un climat de tension avec l'Assemblée locale. Les investisseurs regardent d'abord la stabilité. Un accord signé à New York ne vaut que si les institutions locales le respectent. L'État de Rivers a déjà attiré des projets dans le gaz et les zones franches, mais les retards administratifs et les litiges fonciers restent des obstacles. Fubara le sait : sans paix politique durable, les promesses de l'ONU resteront des promesses.
Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse Rivers. Les États fédérés cherchent de plus en plus à attirer directement les capitaux étrangers, sans passer par Abuja. Cette diplomatie économique locale peut dynamiser des régions entières. Mais elle expose aussi les fragilités : dépendance aux matières premières, infrastructures électriques insuffisantes, coûts logistiques élevés. Fubara parie que sa fenêtre à l'ONU lui donnera une longueur d'avance. Les prochains mois diront si les contrats se transforment en chantiers.
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