Afrique : l'écart se creuse entre ambitions et réalisations en matière de durabilité
Une étude de PMI montre que les entreprises africaines peinent à concrétiser leurs engagements environnementaux, avec un écart croissant entre les discours et les actions.

Les entreprises africaines affichent des ambitions climatiques de plus en plus élevées, mais la traduction sur le terrain reste laborieuse. Une nouvelle étude de PMI, publiée cette semaine, révèle que l'écart entre les intentions déclarées et les résultats concrets n'a jamais été aussi large. Sur le continent, seules 23 % des sociétés interrogées disposent d'une feuille de route détaillée pour atteindre leurs objectifs de réduction d'émissions, contre 41 % au niveau mondial.
Ce fossé s'explique par des contraintes structurelles : accès limité au financement vert, infrastructures énergétiques vétustes et pénurie de compétences spécialisées. À Lagos, par exemple, plusieurs PME du secteur textile ont dû abandonner leurs projets solaires faute de capitaux. Pendant ce temps, les grandes multinationales présentes au Nigeria progressent plus vite, mais leurs efforts restent concentrés sur les sites les plus rentables, laissant de côté les filiales locales.
L'étude pointe aussi un problème de gouvernance : dans de nombreux pays, les rapports de durabilité ne sont pas obligatoires, ce qui incite peu à la transparence. Les dirigeants interrogés citent le manque de pression réglementaire comme premier frein, devant le coût. Pour la diaspora ouest-africaine, cet immobilisme a un impact indirect : les capitaux destinés à des projets verts se font plus rares, ce qui renchérit le coût des transferts vers des initiatives durables.
Résultat : le continent risque de rater les objectifs de l'Accord de Paris, malgré un potentiel énorme en énergies renouvelables. Les investisseurs internationaux, eux, commencent à exiger des preuves tangibles avant de s'engager. Les entreprises qui sauront aligner leurs actions sur leurs promesses pourraient capter ces financements, tandis que les autres verront leurs marges se réduire. L'étude de PMI sonne comme un avertissement : en Afrique, la durabilité ne peut plus rester un slogan.
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