Plus de la moitié des économies africaines voient leur inflation reculer en août
Vingt-huit pays africains sur cinquante-quatre ont enregistré une baisse de leur inflation en août. Mais un baril au-dessus de 100 dollars pourrait effacer ces gains d'ici la fin de l'année.

L'inflation recule sur une majorité du continent africain. En août, vingt-huit des cinquante-quatre économies suivies par les analystes ont affiché un rythme de hausse des prix inférieur à celui de juillet, selon les données compilées cette semaine. La tendance s'installe depuis plusieurs mois. L'Égypte, le Ghana, l'Éthiopie et le Nigeria figurent parmi les pays où la pression sur les prix s'est relâchée. Le Nigeria, locomotive économique de la région, a vu son taux passer sous les 30 % après des mois de flambée. Les banques centrales commencent à respirer.
Cette accalmie tient surtout au reflux des prix alimentaires et à la stabilisation relative des devises après les dévaluations de 2023 et 2024. Les récoltes céréalières ont été meilleures que prévu dans plusieurs pays du Sahel et d'Afrique de l'Est. Les chaînes d'approvisionnement, perturbées par la guerre en Ukraine, se sont en partie réorganisées. Résultat : les prix du maïs, du riz et du sorgho grimpent moins vite qu'il y a un an. Pour les ménages, l'effet reste limité — les prix ne baissent pas, ils augmentent simplement moins fort. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira et un cedi plus stables rendent les envois de fonds moins volatils.
Le tableau se complique avec le pétrole. Le baril de Brent a franchi les 100 dollars cette semaine, porté par les tensions au Moyen-Orient et les coupes de production de l'Opep+. Pour les pays importateurs — Afrique du Sud, Kenya, Éthiopie, Sénégal — la facture énergétique va grimper. Le carburant représente déjà une part lourde du budget des ménages. Une hausse durable du brut se répercutera sur les transports, puis sur les prix des denrées de base. Les banques centrales qui espéraient baisser leurs taux directeurs devront peut-être attendre.
Les pays producteurs, eux, y trouvent un répit. Le Nigeria, l'Angola, l'Algérie et la Libye engrangent des recettes pétrolières supplémentaires. Mais cet argent met du temps à irriguer l'économie réelle. La production nigériane reste bridée par le sabotage des pipelines et le sous-investissement. Pour l'instant, la désinflation africaine tient. Sa solidité dépendra de deux facteurs : le prix du baril et la tenue des monnaies face au dollar. Si le brut reste au-dessus de 100 dollars plus de trois mois, les gains d'août risquent de n'être qu'une parenthèse.
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