Pétrole nigérian : la régulatrice pointe le manque à gagner en investissements
La patronne de la NUPRC, Oritsemeyiwa Eyesan, déplore la fuite de milliards de dollars d'investissements pétroliers et gaziers au Nigeria, appelant à former une main-d'œuvre qualifiée pour inverser la tendance.

La directrice générale de la Commission de régulation du pétrole en amont (NUPRC), Oritsemeyiwa Eyesan, a tiré la sonnette d'alarme sur les pertes massives d'investissements dans le secteur pétrolier et gazier nigérian. Selon elle, le pays a laissé filer des milliards de dollars, faute d'avoir su attirer les capitaux étrangers dans un contexte mondial concurrentiel. Elle s'exprimait lors d'une conférence à Abuja, appelant à une prise de conscience collective pour rebondir.
Face à ce constat, Eyesan insiste sur un levier souvent négligé : la formation d'une main-d'œuvre locale compétente. Pour elle, les investisseurs se détournent du Nigeria non seulement à cause de l'instabilité réglementaire, mais aussi par manque de techniciens et d'ingénieurs qualifiés. Elle cite en exemple les projets de GNL et les champs en eaux profondes, où le pays doit rivaliser avec le Ghana ou l'Angola pour attirer les majors.
Cette pénurie de compétences a un coût direct sur l'économie nigériane. Moins d'investissements signifie moins de production, donc moins de revenus pour l'État, qui dépend du pétrole pour plus de 80 % de ses recettes d'exportation. La chute des cours de 2020 avait déjà fragilisé le budget fédéral ; aujourd'hui, avec une production plafonnée autour de 1,4 million de barils par jour, la marge de manœuvre se réduit encore. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la pression sur la monnaie locale s'accentue.
Reste à voir si les autorités sauront traduire ces avertissements en actes. La NUPRC promet des réformes pour simplifier les procédures et sécuriser les contrats, mais le temps presse. Pendant que le Nigeria hésite, d'autres pays africains, comme la Mauritanie ou le Sénégal, multiplient les découvertes et attirent les financements. Sans un virage rapide vers la formation et la stabilité, le pays risque de rester à la traîne dans une industrie où chaque milliard compte.
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