Pétrole : les distributeurs nigérians disent perdre des milliards sur la volatilité des prix
Les marketeurs pétroliers nigérians affirment que la volatilité des prix de l'essence leur coûte des milliards de nairas, sans susciter la compassion des consommateurs.

Les distributeurs de produits pétroliers nigérians montent au créneau. Ils affirment que les fluctuations incessantes des prix de l'essence leur font perdre des milliards de nairas chaque trimestre. Dans un communiqué publié ce week-end, leur association évoque des pertes liées aux écarts entre le prix d'achat et le prix de vente final, un phénomène aggravé par les mouvements erratiques du taux de change. Les opérateurs disent acheter leurs cargaisons à des prix qui changent presque chaque semaine, sans pouvoir répercuter immédiatement ces hausses sur les pompes.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'intensifie. Depuis la fin des subventions sur l'essence en mai 2023, le prix du carburant à la pompe a grimpé de plus de 200 % dans certaines régions. Les marketeurs privés, qui assurent la distribution finale, se retrouvent coincés entre des coûts d'importation libellés en dollars et une demande locale sensible au moindre centime. Résultat : des marges qui fondent, et des appels répétés à une intervention de l'État. Mais leur complainte ne trouve guère d'écho auprès des automobilistes, qui pointent du doigt des marges opaques et des pratiques tarifaires jugées excessives.
La volatilité du naira complique encore l'équation. La monnaie nigériane a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, renchérissant mécaniquement chaque litre importé. Pour les opérateurs, la solution passe par des contrats à terme ou des achats groupés en devises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du naira se répercute sur les montants reçus au pays.
Le bras de fer entre distributeurs et consommateurs illustre une réalité plus large : dans une économie où l'inflation reste au-dessus de 30 %, chaque acteur cherche à protéger sa marge. Les marketeurs réclament un mécanisme de compensation automatique indexé sur le taux de change. Le gouvernement, lui, temporise, conscient que toute hausse supplémentaire à la pompe risque d'enflammer une population déjà éprouvée. En attendant, les stations-service ajustent leurs prix à la marge, au jour le jour, et les files d'attente devant les pompes les moins chères s'allongent.
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