Pétrole : le régulateur nigérian refuse de plafonner les prix de l'essence
La NMDPRA affirme qu'elle ne peut pas fixer les prix à la pompe, mais promet de renforcer la surveillance contre les abus alors que le prix du super a encore grimpé.

Le régulateur nigérian du pétrole aval a tranché : il ne fixera pas le prix de l'essence à la pompe. La Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) a annoncé lundi qu'elle s'en tenait à une politique de libéralisation, tout en promettant de multiplier les contrôles contre les pratiques abusives. Cette déclaration intervient alors que le prix du Premium Motor Spirit (PMS), l'essence vendue dans les stations, a encore augmenté ces dernières semaines, provoquant la colère des automobilistes et des transporteurs.
Concrètement, la NMDPRA dit vouloir traquer les stations qui gonflent artificiellement leurs marges ou qui stockent le carburant pour créer la pénurie. Elle menace de sanctions, mais sans donner de détails sur les moyens déployés. Le problème est simple : depuis la fin des subventions sur l'essence en 2023, les prix ont plus que triplé, passant d'environ 185 nairas le litre à plus de 1 000 nairas dans certaines régions. Les transporteurs routiers, eux, répercutent la hausse sur les tarifs, ce qui alimente l'inflation. Pour les commerçants qui importent des marchandises depuis le Nigeria voisin, chaque hausse du carburant renchérit le coût du transport, et donc le prix final des produits. Dans ce contexte, des plateformes de transfert comme SendXOF suivent ces mouvements de taux pour ajuster les coûts de conversion entre le naira et le franc CFA.
La décision de la NMDPRA ne surprend pas les analystes. Depuis la dérégulation, le gouvernement nigérian répète que le marché doit s'autoréguler, mais les prix ne baissent jamais vraiment. La compagnie pétrolière nationale, la NNPC, reste le principal importateur et fixe de fait le prix de référence, même si elle ne le présente plus comme un plafond. Les marges des distributeurs, elles, varient fortement d'un État à l'autre. À Lagos, le litre tourne autour de 950 nairas. À Maiduguri, dans le nord-est, il dépasse parfois 1 200 nairas, en raison des coûts logistiques et de l'insécurité sur les routes.
La NMDPRA promet des inspections plus fréquentes et des amendes pour les contrevenants. Mais sans pouvoir de fixation des prix, son action reste limitée. Les Nigérians, eux, continuent de subir la flambée. Le pouvoir d'achat s'effrite, et les appels à une intervention de l'État se multiplient. Le régulateur joue gros : s'il ne parvient pas à freiner les abus, la pression politique pourrait le pousser à revenir sur sa position. En attendant, les stations-service restent sous surveillance, et les automobilistes scrutent les affichages avant de faire le plein.
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