Pétrole : le Nigeria vise 500 millions de barils supplémentaires d'ici 2030
La commission de régulation du pétrole nigérian estime que les blocs offerts lors de la campagne d'attribution de licences 2025 pourraient ajouter 500 millions de barils aux réserves du pays et 300 000 barils par jour de production d'ici cinq ans.

La Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC) a annoncé que les actifs proposés dans le cadre de sa campagne d'attribution de licences pétrolières 2025 pourraient ajouter environ 500 millions de barils aux réserves de pétrole brut du pays. La commission table aussi sur au moins 300 000 barils par jour (bpj) de production de brut et de condensat supplémentaires dans les cinq ans. Ces chiffres, dévoilés cette semaine, donnent la mesure de l'ambition d'Abuja : relancer une industrie pétrolière qui a vu sa production chuter ces dernières années, victime de vols de brut, de sabotages et de sous-investissement chronique.
Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, peine à dépasser les 1,3 million de barils par jour, loin de son potentiel affiché de 2 millions. Les nouvelles licences doivent permettre d'ouvrir des zones encore inexploitées, notamment en offshore profond et dans le bassin de Niger Delta. La NUPRC promet un processus transparent, avec des critères techniques et financiers stricts pour éviter les attributions politiques qui ont plombé les précédentes campagnes. Les autorités misent sur un cadre réglementaire stabilisé depuis la loi pétrolière de 2021 pour rassurer les investisseurs étrangers, dans un contexte de concurrence accrue avec les producteurs du Golfe de Guinée.
Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse la simple augmentation des volumes. Le pays dépend du pétrole pour plus de 80 % de ses recettes en devises et près de la moitié de son budget. Chaque baril supplémentaire pèse directement sur la balance des paiements et sur la stabilité du naira, qui a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023. Pour la diaspora ouest-africaine, ces recettes pétrolières conditionnent en partie le coût des transferts vers la zone FCFA.
Reste à savoir si les compagnies suivront. Les majors internationales ont réduit leurs investissements en Afrique ces dernières années, préférant les champs à faible coût d'exploitation. Le Nigeria devra convaincre avec des incitations fiscales et une sécurité renforcée sur les sites. La NUPRC évoque des discussions avancées avec plusieurs opérateurs, sans dévoiler de noms. Les premiers contrats pourraient être signés avant la fin de l'année, mais la production effective ne se matérialisera pas avant 2027 ou 2028, au mieux. D'ici là, le pays devra gérer l'incertitude des marchés et la pression sur ses finances publiques.
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