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Pétrole : la fin des subventions révèle le déficit de brut nigérian

Le ministre des Finances Taiwo Oyedele affirme que le Nigeria ne produit pas assez de brut pour alimenter Dangote et les raffineries locales, entre coûts d'extraction et contrats préexistants.

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Rédaction SendXOF

Publié le 10 octobre 2026

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Pétrole : la fin des subventions révèle le déficit de brut nigérian

Taiwo Oyedele a mis les pieds dans le plat. Le ministre des Finances nigérian reconnaît que son pays n'extrait pas assez de pétrole brut pour répondre à la demande de la raffinerie Dangote et des autres unités locales. La levée des subventions sur les carburants, décidée en 2023, a eu un effet miroir : elle a rendu visible ce que le système masquait jusque-là. Pendant des années, le Nigeria importait massivement du carburant raffiné tout en exportant son brut. Cette contradiction coûtait cher à l'État, mais elle camouflait un problème plus profond : la production nationale de brut plafonne, et elle ne suffit plus à alimenter une industrie de raffinage locale qui monte en puissance.

Les raisons de cette pénurie sont multiples. Oyedele évoque les coûts d'extraction, qui rendent certains gisements non rentables à exploiter. S'ajoutent des contrats d'approvisionnement déjà signés avec des partenaires étrangers, qui captent une partie de la production avant même qu'elle n'atteigne les raffineries nigérianes. La raffinerie Dangote, qui doit traiter 650 000 barils par jour à pleine capacité, se retrouve en concurrence avec des acheteurs internationaux pour une ressource que le Nigeria produit en quantité limitée. Le pays a produit environ 1,3 million de barils par jour en 2024, loin des 2 millions espérés par le gouvernement.

Cette situation pèse sur l'économie nigériane à plusieurs niveaux. La raffinerie Dangote, présentée comme la solution pour réduire la dépendance aux importations de carburant, ne peut pas tourner à plein régime sans un approvisionnement stable en brut. Résultat : le Nigeria continue d'importer du diesel et de l'essence, ce qui pèse sur les réserves de change. Le Naira, déjà fragile, reste exposé aux fluctuations du marché pétrolier international. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la volatilité du Naira se répercute directement sur les taux de change proposés par les opérateurs.

Le gouvernement nigérian mise sur une augmentation de la production pour sortir de l'ornière. Mais les défis sont structurels : sous-investissement dans les infrastructures, insécurité dans le delta du Niger, et transition énergétique qui détourne les capitaux du pétrole. Oyedele ne promet pas de solution miracle. Il reconnaît que le pays doit d'abord produire plus de brut avant de pouvoir en garder une partie pour ses raffineries. En attendant, le Nigeria reste coincé entre son ambition de transformer localement son pétrole et une réalité physique qui l'en empêche.

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