Pétrole brut : les importations au port de Lagos chutent de 38,6 % en septembre
Les importations de pétrole brut via les ports de Lagos ont reculé de 38,6 % en septembre, à 1,47 million de tonnes contre 2,39 millions en août, selon les données portuaires publiées mardi.

Le port de Lagos a réceptionné 1 470 109 tonnes de pétrole brut en septembre, contre 2 392 354 tonnes le mois précédent. La baisse atteint 38,6 % en un seul mois, un décrochage que les opérateurs portuaires n'avaient pas vu depuis longtemps. Le chiffre, publié mardi, couvre les trois premières semaines de septembre et laisse déjà entrevoir un mois complet en net retrait. Les terminaux pétroliers de la capitale économique nigériane tournent donc au ralenti, alors que le pays reste le premier producteur d'or noir du continent.
Plusieurs facteurs se croisent. La maintenance programmée de certaines unités de raffinage locales a réduit la demande de brut à traiter. En parallèle, les cargaisons destinées à l'exportation ont été redirigées vers d'autres terminaux, notamment Bonny et Escravos, où les coûts logistiques sont jugés plus compétitifs. Le calendrier des livraisons joue aussi : août avait concentré un volume exceptionnel de commandes, gonflant artificiellement la base de comparaison. Sur les marchés internationaux, le baril de Brent oscille autour de 74 dollars, un niveau qui n'encourage ni la constitution de stocks ni l'accélération des flux entrants.
Ce recul pèse directement sur les recettes en devises du Nigeria. Le pétrole représente encore plus de 80 % des exportations nigérianes et près de la moitié des recettes budgétaires fédérales. Moins de brut importé, c'est aussi moins de matière première pour les raffineries locales, qui peinent déjà à tourner à pleine capacité. Pour les opérateurs de change, ce type de variation compte : quand les flux pétroliers ralentissent, la pression sur le Naira s'accentue, et les taux de conversion vers le FCFA bougent en conséquence. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces mouvements en temps réel sur leurs interfaces.
La question est de savoir si ce trou d'air est ponctuel ou annonce une tendance plus longue. Les données d'octobre seront décisives. Si la maintenance des raffineries se prolonge et que les terminaux alternatifs continuent de capter les cargaisons, Lagos pourrait enregistrer plusieurs mois consécutifs de baisse. À l'inverse, un rebond des commandes asiatiques ou européennes suffirait à redresser la barre. Pour l'instant, les opérateurs portuaires restent prudents et surveillent surtout le rythme des déchargements prévus en fin d'année.
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