Pétrole : Abuja jure que la remise de la NNPC ne coûtera rien au Trésor
Le gouvernement nigérian assure que la réduction de 20 nairas par litre annoncée par NNPC Retail n'est pas une subvention et ne sera pas financée par des fonds publics, alors que les prix restent un sujet explosif.

La NNPC Retail a abaissé le prix de l'essence de 20 nairas par litre dans ses stations-service, une décision qui a immédiatement relancé le débat sur le retour des subventions. Le gouvernement fédéral dément : cette remise ne pèsera pas sur les caisses de l'État, répète-t-il depuis plusieurs jours. Officiellement, il s'agit d'une initiative commerciale de la compagnie pétrolière nationale, pas d'un soutien budgétaire. Sauf que dans un pays où chaque mouvement du prix à la pompe déclenche des tensions, la frontière entre politique commerciale et intervention publique est ténue.
Le contexte explique la prudence d'Abuja. Depuis la fin de la subvention en 2023, le prix de l'essence a grimpé en flèche, alimentant l'inflation et la colère sociale. Une remise de 20 nairas peut sembler modeste, mais elle touche des millions d'automobilistes et de transporteurs. Pour les commerçants qui importent via les frontières terrestres, le coût du carburant reste un poste clé. Dans ce jeu de va-et-vient, les plateformes de transfert affichent des taux qui bougent au rythme des annonces pétrolières, et la diaspora ouest-africaine surveille de près l'effet sur le coût des envois vers le Nigeria.
Le problème, c'est que la NNPC Retail n'a pas précisé l'origine des fonds qui compensent cette ristourne. Si la compagnie rogne sur ses marges, l'opération est soutenable à court terme. Si l'État éponge la différence via des crédits ou des arriérés, on retombe dans les travers de l'ancien système. Les économistes nigérians rappellent que la subvention de 2023 coûtait environ 10 milliards de dollars par an. Une remise de 20 nairas sur l'ensemble de la consommation nationale représenterait plusieurs milliards de nairas par mois. Le gouvernement joue donc sur les mots, mais les chiffres, eux, ne mentent pas.
Pour l'instant, Abuja tient sa ligne : pas un kobo d'argent public. La réalité, c'est que la NNPC est une société d'État, que ses pertes finissent souvent par être absorbées par le budget fédéral, et que le Fonds de stabilisation des changes surveille l'impact sur les réserves. Les prochaines semaines diront si cette remise reste un geste commercial ou si elle devient une subvention déguisée. Les Nigérians, eux, regardent surtout le prix affiché à la pompe.
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