Pertamina lorgne le pétrole nigérian avant le round de licences de 2026
La compagnie pétrolière indonésienne Pertamina envisage d'investir dans l'amont nigérian, signe d'intérêt étranger avant le round d'attribution de licences pétrolières prévu en 2026.

Pertamina avance ses pions. La compagnie pétrolière publique indonésienne a confirmé qu'elle étudie une entrée dans le secteur amont nigérian, à l'approche du round de licences que le Nigeria prévoit pour 2026. L'information, rapportée par Punch, intervient alors que la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission peaufine les modalités de cette nouvelle vague d'attribution. Pour Abuja, l'objectif est clair : attirer des capitaux frais dans un secteur qui pompe environ 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions d'il y a une décennie. La visite d'opérateurs asiatiques dans le paysage pétrolier nigérian n'est pas nouvelle, mais elle prend une autre dimension dans un contexte où les majors occidentales réduisent leur exposition aux énergies fossiles.
Pertamina n'arrive pas en terrain vierge. Le groupe indonésien exploite déjà des actifs en Algérie et en Malaisie, et cherche à sécuriser des réserves pour alimenter ses raffineries domestiques. Le Nigeria, avec ses réserves prouvées de 37 milliards de barils, reste une cible logique. Mais l'équation locale est complexe : insécurité dans le delta du Niger, vols de brut, contentieux fiscaux avec certaines compagnies, et un cadre réglementaire que les investisseurs jugent encore perfectible depuis la loi pétrolière de 2021. Le round de 2026 devra convaincre sur ces points. Pour les opérateurs, le vrai test sera le régime fiscal proposé et la rapidité d'attribution des permis.
L'enjeu dépasse le seul Nigeria. La production pétrolière africaine stagne, et les compagnies nationales asiatiques — Pertamina, Petronas, ONGC — grignotent des parts laissées par Shell, ExxonMobil et TotalEnergies. Ces acteurs pèsent moins lourd dans les débats climatiques et affichent une tolérance plus grande au risque politique. Si Pertamina concrétise son intérêt, elle rejoindrait une liste d'acheteurs potentiels pour des blocs que Lagos espère vendre à prix ferme. Le ministère du Pétrole mise sur ces entrées pour relancer l'exploration, tombée à des niveaux historiquement bas.
Rien n'est encore signé. Pertamina parle d'« envisager », pas d'engagement ferme. Le Nigeria a déjà connu des annonces similaires qui n'ont pas abouti. La différence, cette fois, tient au calendrier : le round de 2026 oblige les deux parties à se positionner vite. Abuja veut des signatures avant la fin de l'année prochaine. Jakarta veut des réserves à coût maîtrisé. Le mariage a du sens sur le papier. Reste à voir si les termes du contrat suivront.
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