P&ID : le Nigeria plaide pour une réforme de l'arbitrage international
Le ministre de la Justice du Nigeria a demandé à l'ONU de réformer les règles d'arbitrage international pour protéger la souveraineté des États, après l'annulation de la sentence de 11 milliards de dollars dans l'affaire P&ID.

Le Nigeria a remporté une bataille juridique majeure, mais le pays ne compte pas s'arrêter là. Le ministre de la Justice, Lateef Fagbemi, a profité d'une tribune à Singapour pour demander une refonte des règles de l'arbitrage international. Selon lui, la sentence de 11 milliards de dollars infligée au Nigeria dans l'affaire P&ID aurait asphyxié l'économie du pays. Une affaire qui a mis en lumière les failles d'un système où des investisseurs peuvent attaquer des États devant des tribunaux privés.
Fagbemi s'est exprimé lors du Forum des conseillers juridiques en chef 2026, devant des représentants de plusieurs pays. Il a plaidé pour que les Nations unies encadrent mieux ces procédures, afin que la souveraineté des États ne soit pas mise en danger par des sentences disproportionnées. Le Nigeria a déjà obtenu l'annulation de cette sentence en Angleterre, mais l'affaire a laissé des traces. Pour la diaspora ouest-africaine, cette affaire illustre les risques que font peser les litiges internationaux sur la santé économique des pays d'origine.
Le dossier P&ID remonte à 2010, quand le Nigeria a signé un contrat de gaz avec la société Process & Industrial Developments. Le contrat a capoté, et P&ID a réclamé des dommages colossaux. En 2017, un tribunal d'arbitrage a donné raison à l'entreprise, une décision qui a ensuite été annulée par la justice britannique en 2023, après des preuves de corruption. Le Nigeria a évité le pire, mais l'épisode a révélé la vulnérabilité des pays en développement face à des mécanismes d'arbitrage souvent opaques.
La demande de réforme de Fagbemi s'inscrit dans un mouvement plus large. Plusieurs pays africains et latino-américains critiquent un système qui favorise les grands groupes au détriment des États. Le Nigeria, en particulier, a déjà dû faire face à d'autres procédures similaires. Une réforme des règles permettrait de limiter les abus et de protéger les finances publiques, un enjeu crucial pour un pays qui cherche à stabiliser sa monnaie et à attirer des investissements productifs.
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