OPay élargit l'accès aux services financiers pour les Nigérians non bancarisés
La fintech nigériane OPay multiplie les services de paiement mobile, d'épargne et de cartes bancaires pour toucher les populations exclues du système bancaire classique, dans un pays où des millions de personnes restent sans compte.

Au Nigeria, près de 40 % des adultes n'ont toujours pas de compte bancaire. C'est ce vide que comble OPay, fintech fondée en 2018, en proposant des services de paiement mobile, de transfert d'argent, de paiement de factures, d'épargne et de cartes de débit accessibles depuis un simple téléphone. L'entreprise revendique aujourd'hui des dizaines de millions d'utilisateurs et traite des volumes croissants de transactions quotidiennes, selon les données qu'elle publie. Son modèle repose sur un réseau dense d'agents et une application mobile qui remplace la banque traditionnelle pour les petits commerçants, les chauffeurs de taxi et les travailleurs informels.
Le contexte monétaire nigérian explique en partie cet essor. Avec un naira qui a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, les Nigérians cherchent des moyens rapides et peu coûteux de transférer de l'argent, y compris depuis l'étranger. Les fintechs comme OPay, qui opèrent en nairas et proposent des cartes de débit internationales, captent une partie de ces flux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : les canaux numériques réduisent les frais par rapport aux opérateurs traditionnels, même si la volatilité du taux de change reste un risque pour les expéditeurs comme pour les destinataires.
OPay ne se contente pas de déplacer de l'argent. La société a investi dans un réseau d'agents physiques — souvent des boutiques de quartier — pour que les utilisateurs puissent déposer ou retirer du cash, un maillon indispensable dans un pays où l'accès aux distributeurs automatiques reste limité hors des grandes villes. Elle propose aussi des microcrédits et des assurances, autant de produits qui fidélisent une clientèle jusque-là ignorée par les banques. Cette stratégie a un coût : la concurrence avec PalmPay, Moniepoint et les banques traditionnelles s'intensifie, et la régulation de la Banque centrale du Nigeria (CBN) se durcit sur les licences de paiement.
Les chiffres montrent une adoption réelle, mais l'inclusion financière reste fragile. Beaucoup d'utilisateurs d'OPay n'ont qu'un seul compte et l'utilisent pour des transactions de faible valeur. La prochaine étape consistera à transformer ces comptes en véritables outils d'épargne et de crédit, capables de résister aux chocs monétaires. La CBN, qui a lancé le eNaira en 2021 sans grand succès, voit d'un œil prudent ces acteurs privés qui captent des dépôts et traitent des flux transfrontaliers. Le débat sur la protection des données et la stabilité des plateformes ne fait que commencer.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : aucun opérateur crypto n'a encore obtenu sa licence définitive, selon la SEC
La SEC nigériane précise qu'aucun acteur des actifs numériques n'a décroché de licence pleine et entière via son programme ARIP. Les approbations de principe ne valent pas autorisation d'exercer.

Medipool Nigeria installe son conseil d'administration de neuf membres
La société Medipool Nigeria Limited, partenariat public-privé approuvé par le Conseil exécutif fédéral, a intronisé son conseil d'administration le 14 octobre 2026 à Abuja. Le Dr Oluwaseun Abiola le préside.

May & Baker : le bénéfice bondit de 76 % grâce à la maîtrise des coûts
Le laboratoire pharmaceutique nigérian May & Baker a dégagé un bénéfice net de 5,89 milliards de nairas sur neuf mois, en hausse de 76,2 %. La discipline sur les coûts explique cette performance.